Le mémoire de pratique professionnelle est l’épreuve reine du diplôme d’État d’éducateur spécialisé — et il vit ses dernières années. La réforme portée par l’arrêté du 6 octobre 2025 réorganise la certification du DEES autour du contrôle continu et d’une épreuve conclusive, sans mémoire, à partir du 1er septembre 2026. Mais si vous êtes déjà en formation, ne rangez pas votre plan : les dispositions transitoires vous maintiennent sous les règles de 2018 — mémoire compris — jusqu’à la session d’examen 2028. Autrement dit, des milliers d’étudiants écriront encore ce mémoire. Voici ses règles exactes, puis la méthode pour le rédiger sans y laisser votre année.
Qui est concerné par quoi : la ligne de partage
Vous êtes entré en formation avant septembre 2026 (rentrées 2023, 2024, 2025) : l’arrêté du 22 août 2018 continue de s’appliquer à votre certification, au plus tard jusqu’au 31 juillet 2028 — votre DC1 comprend bien le mémoire de pratique professionnelle et sa soutenance.
Vous entrez en formation à partir de septembre 2026 : le nouveau régime s’applique — blocs de compétences, contrôle continu, épreuve conclusive de fin de parcours, diplôme inscrit au niveau 6 avec 180 crédits européens. Le mémoire tel que décrit ici ne vous concerne plus.
Cette coexistence de régimes est exactement le genre de situation où citer « le texte » sans préciser lequel induit en erreur — le mécanisme des abrogations à effet différé est décortiqué dans quelle version d’un texte citer.

Les règles de l’épreuve, chiffres à l’appui
Pour les étudiants sous le régime de 2018, le mémoire relève du DC1 — « la relation éducative spécialisée », et l’épreuve est double :
- L’écrit : un mémoire de pratique professionnelle de 40 à 45 pages hors annexes, noté par des correcteurs avant l’oral (coefficient 1) ;
- La soutenance : 40 minutes — 10 minutes de présentation par le candidat, 30 minutes d’échanges — devant un binôme composé d’un formateur ou universitaire et d’un professionnel confirmé du secteur (coefficient 1) ;
- La note finale : la moyenne des deux ;
- Le dépôt : l’établissement de formation transmet le mémoire en deux exemplaires au recteur avec le dossier de certification — ce qui signifie une date de remise institutionnelle, en amont de la soutenance, qui ne se négocie pas.
Cette configuration de jury — formateur ou universitaire plus professionnel confirmé — est courante dans les diplômes du travail social ; ses variantes d’un diplôme à l’autre sont comparées dans le comparatif des jurys de mémoires professionnels.
Ce que le mémoire attend vraiment : l’analyse, pas le récit
Quarante pages sur la relation éducative spécialisée ne sont pas quarante pages de journal de stage. Le travail attendu articule trois plans : des situations éducatives précises, décrites finement (le support d’accompagnement, le moment de bascule, la place de l’usager) ; une analyse qui mobilise des références — auteurs du travail social, sciences humaines, cadres réglementaires de votre champ — pour lire ces situations autrement que par l’évidence ; et un positionnement professionnel qui montre ce que ces situations ont construit chez vous comme éducateur. Le fil qui tient les trois est une question de départ — la vôtre — posée en introduction et réellement travaillée jusqu’à la conclusion.
Deux écueils font perdre le plus de points. Le récit-fleuve : des situations racontées avec talent mais jamais analysées — la question « qu’est-ce que cela dit de la relation éducative ? » reste sans réponse. Et son inverse, la théorie hors-sol : des pages d’auteurs sans une seule situation incarnée. L’équilibre se construit structurellement : chaque chapitre part d’une situation, l’analyse, la relie à la question. Avant d’écrire, lire deux ou trois mémoires validés du secteur cale le niveau attendu mieux que tous les conseils — les points d’entrée pour en trouver sont dans l’annuaire des mémoires professionnels validés.
Le plan qui tient en 40-45 pages
Un budget de pages réaliste, à adapter à la grille de votre établissement. Introduction (3-4 pages) : votre parcours en formation en quelques lignes, la question de départ et sa genèse — pourquoi cette question vous a saisi, sur quel terrain. Cadre d’exercice (5-6 pages) : le ou les terrains, les publics, le cadre institutionnel et réglementaire — au service de la question, pas en plaquette de présentation. Deux à trois chapitres d’analyse (22-26 pages) : chacun ouvre sur une situation éducative, la déplie, convoque les références qui l’éclairent, et fait avancer la question d’un cran — c’est ici que se joue la note de l’écrit. Positionnement professionnel (5-6 pages) : ce que ce travail a déplacé dans votre manière d’être éducateur, en assumant les doutes — un positionnement sans zone d’incertitude sonne faux. Conclusion (2-3 pages) : la réponse en l’état à la question de départ, et ce qu’elle ouvre.
Ce plan a une vertu cachée : il se présente en dix minutes. Votre soutenance est déjà structurée — une minute d’origine de la question, deux minutes de cadre, cinq minutes sur une analyse choisie, deux minutes de positionnement — et les trente minutes d’échanges s’ancrent dans des chapitres que vous connaissez par cœur puisque vous les avez construits un par un.
La méthode Tesify, étape par étape
C’est exactement le type d’écrit long, structuré et personnel pour lequel Tesify a été conçu — à condition de s’en servir comme d’une charpente, pas comme d’une plume.
1. Posez la structure avant d’écrire. Créez votre mémoire dans Tesify et déclinez le plan ci-dessus en sections. Quarante pages se pilotent par sections de quatre à six pages — jamais d’un bloc.
2. Écrivez les situations d’abord. Ce sont vos matériaux : rédigez-les tôt, anonymisées dès la première frappe (établissement, usagers, collègues). L’analyse vient ensuite, situation par situation — et c’est là que vos lectures s’insèrent naturellement, au lieu d’un chapitre théorique plaqué.
3. Tenez le rythme par jalons. La date qui commande tout est le dépôt institutionnel — celle des deux exemplaires transmis au recteur. Remontez le calendrier depuis elle : relecture complète à J-30, dernière situation analysée à J-60, structure complète remplie à J-90. La progression section par section dans l’outil rend les retards visibles quand ils sont encore rattrapables.
4. Gardez chaque phrase vôtre. Un mémoire de positionnement professionnel soutenu 40 minutes face à un professionnel du secteur ne pardonne pas le texte que vous n’avez pas pensé : la soutenance teste précisément si l’écrit est habité. La structure vous porte, l’écriture reste la vôtre — c’est le principe de l’outil, et c’est aussi votre meilleure préparation à l’oral.

Questions fréquentes
La réforme peut-elle me rattraper en cours de formation ?
Non — les dispositions transitoires de l’arrêté du 6 octobre 2025 maintiennent les étudiants engagés sous le régime de 2018 dans les modalités de certification de leur diplôme préparé, au plus tard jusqu’au 31 juillet 2028. Si vous êtes entré avant septembre 2026, vous soutenez un mémoire.
Que se passe-t-il si j’échoue et repasse après 2028 ?
La fenêtre transitoire court jusqu’à la session d’examen 2028. Au-delà, le régime applicable est le nouveau — d’où l’importance, si vous êtes en situation de redoublement ou de report, d’en parler tôt avec votre établissement de formation pour connaître les modalités qui s’appliqueront à votre cas précis.
Sur quoi le binôme de correcteurs juge-t-il l’écrit ?
Sur la capacité à analyser la relation éducative spécialisée à partir de situations réelles : rigueur de la description, pertinence des références mobilisées, cohérence de la question de départ, qualité du positionnement professionnel — et respect du format (40-45 pages hors annexes). Le règlement de certification de votre établissement détaille la grille : demandez-la.
Le mémoire du DEES est-il comparable à celui du DEASS ?
Les deux diplômes de niveau 6 du travail social comportent un écrit long, mais les attendus diffèrent : le DEASS met l’accent sur l’initiation à la recherche, le DEES sur l’analyse de la pratique éducative. Si vous hésitez entre les deux filières ou passez de l’une à l’autre, voyez le mémoire en travail social côté DEASS.
Puis-je utiliser des situations vécues avant la formation ?
Le mémoire porte sur la pratique professionnelle construite en formation — stages et sites qualifiants en premier lieu. Une expérience antérieure peut nourrir votre positionnement, mais les situations analysées doivent relever de votre parcours de formation ; en cas de doute, tranchez avec votre référent de site qualifiant.
Comment gérer l’anonymisation des situations ?
Dès l’écriture, jamais après : prénoms modifiés, établissements non identifiables, détails permettant la réidentification neutralisés. C’est une exigence déontologique du travail social autant qu’une règle d’écrit certificatif — et une habitude qui vous servira toute votre carrière.
Vérifiez votre régime, obtenez votre grille, posez la charpente — puis rédigez votre mémoire de DEES avec Tesify : la structure tient les 45 pages, chaque phrase reste la vôtre.
