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  • Mémoire master info-com (SIC) : sujets, méthodologie communicationnelle et exemples 2026

    Mémoire master info-com (SIC) : sujets, méthodologie communicationnelle et exemples 2026

    Mémoire master info-com (SIC) : sujets, méthodologie communicationnelle et exemples 2026

    Vous démarrez votre mémoire de master en sciences de l’information et de la communication (info-com, SIC) et vous cherchez à la fois un sujet porteur et une méthode adaptée à la discipline. La SIC n’est ni du marketing, ni du journalisme, ni de la sociologie — elle possède ses propres outils, ses propres revues de référence et ses propres attentes de jury. Ce guide clarifie ce que signifie adopter une approche communicationnelle, propose 20 sujets classés par spécialité, détaille les méthodes incontournables en 2026 et précise les exigences des établissements phares comme le CELSA (Sorbonne), Aix-Marseille Université et Paris Nanterre.

    Que vous rédigiez un mémoire de recherche (M2 Recherche) ou un mémoire professionnel (M2 Pro), les fondamentaux sont les mêmes : construire une problématique communicationnelle robuste, choisir une méthode cohérente avec votre objet, et articuler théorie et terrain de façon démonstrative.

    En bref : Un mémoire en SIC se distingue par l’adoption d’un regard communicationnel sur son objet — c’est-à-dire analyser les pratiques, les discours et les dispositifs de mise en circulation du sens. Les méthodes phares sont l’analyse de discours, l’analyse de contenu, la sémiologie, les entretiens semi-directifs et l’analyse de corpus numériques. L’archive memSIC (CCSD/CNRS) regroupe des centaines de mémoires de master accessibles gratuitement pour vous inspirer.

    La SIC, une discipline à part entière

    Les sciences de l’information et de la communication constituent la section 71 du Conseil National des Universités (CNU). Elles fédèrent des objets variés — médias, organisations, pratiques documentaires, usages numériques, communication interpersonnelle — mais autour d’un projet commun : comprendre comment le sens se produit, circule et se reçoit dans les dispositifs sociotechniques et les interactions humaines.

    Cette spécificité a des conséquences directes sur la rédaction de votre mémoire. Contrairement à un mémoire en gestion ou en psychologie, vous ne cherchez pas à mesurer un effet ou à modéliser un comportement. Vous cherchez à comprendre comment quelque chose communique — comment un discours institutionnel construit une figure d’autorité, comment une interface numérique organise l’attention, comment une pratique professionnelle produit du sens dans un contexte organisationnel donné.

    La SIC est inscrite dans le champ des sciences humaines et sociales (SHS), ce qui signifie que vos méthodes seront le plus souvent qualitatives ou mixtes. Les approches purement quantitatives existent (analyse de réseaux, mesures d’usages numériques), mais elles restent minoritaires et doivent toujours s’articuler avec une interprétation du sens.

    Mémoire de recherche vs mémoire professionnel en SIC

    La distinction est fondamentale et détermine le type de problématique que vous allez construire.

    Critère M2 Recherche M2 Professionnel
    Problématique Contribution à la connaissance scientifique en SIC Analyse d’une situation professionnelle dans une perspective communicationnelle
    Volume 80–120 pages 60–80 pages
    Ancrage théorique Fort : dialogue explicite avec la littérature scientifique SIC Présent mais allégé : cadrage conceptuel orienté vers l’action
    Terrain Construit par le chercheur (entretiens, corpus, observation) Souvent issu du stage ou d’une mission professionnelle
    Dépôt ouvert Recommandé via memSIC / HAL-SHS Parfois sous embargo (données confidentielles d’entreprise)
    Débouchés Doctorat, enseignement supérieur, recherche Secteurs de la communication, des médias, du numérique, des organisations

    Le CELSA propose les deux voies dans son master Information et Communication : la Communication en transformation (M2 Recherche, rattachée au laboratoire GRIPIC) et plusieurs M2 professionnels orientés marque, stratégie culturelle ou industries créatives. Le choix entre les deux trajectoires conditionne le niveau d’exigence méthodologique attendu par le jury.

    Qu’est-ce que l’approche communicationnelle ?

    C’est la question que les étudiants en SIC se posent le plus souvent — et la moins bien documentée dans les guides généralistes de rédaction de mémoire. L’approche communicationnelle ne désigne pas simplement le fait d’étudier la communication. Elle désigne une posture analytique spécifique : analyser un phénomène social en le rapportant aux processus de mise en forme, de circulation et de réception du sens.

    Concrètement, cela signifie :

    • Prendre les dispositifs au sérieux — un rapport annuel d’entreprise, une interface de réseau social, un protocole d’accueil au guichet sont des objets communicationnels qui construisent des relations, des identités et des savoirs.
    • Analyser les discours comme des pratiques — ce qui est dit n’est jamais neutre : il s’inscrit dans des conditions de production, des positions d’énonciation, des circulations sociales.
    • Articulation micro/macro — l’approche communicationnelle relie les interactions situées (entretien, conversation, usage d’une application) aux structures sociales et institutionnelles qui les rendent possibles.

    Le livre de référence Écrire un mémoire en sciences de l’information et de la communication, dirigé par Aude Seurrat et publié aux INA Éditions, illustre cette posture à travers une vingtaine de récits de cas étudiants. Il est consultable partiellement sur OpenEdition Journals et constitue le meilleur point de départ pour comprendre ce que vos directeurs attendent de vous.

    Les méthodes incontournables en SIC

    La SIC n’impose pas une méthode unique — elle demande que le choix méthodologique soit justifié par la problématique. Voici les cinq méthodes les plus mobilisées dans les mémoires de master en SIC, avec leurs cas d’usage et leurs limites.

    1. L’analyse de discours

    Méthode de référence en SIC depuis les travaux fondateurs des années 1980, l’analyse de discours étudie comment les textes (journaux, sites web, discours institutionnels, contenus de réseaux sociaux) construisent des significations dans un contexte social donné. Elle s’applique aussi bien à un corpus de communiqués de presse qu’à des échanges en ligne. Elle est particulièrement adaptée aux mémoires portant sur la communication institutionnelle, la communication de crise ou les discours médiatiques.

    2. La sémiologie

    Héritée des travaux de Saussure et Barthes, la sémiologie analyse les signes visuels, verbaux et audiovisuels dans leur dimension sociale. Elle s’applique aux logos, affiches publicitaires, campagnes de communication, interfaces numériques. Elle est particulièrement valorisée au CELSA et dans les formations axées sur la marque et la communication visuelle. L’Université Bordeaux Montaigne propose même un master entier dédié à la sémiologie et communication.

    3. L’entretien semi-directif

    L’entretien semi-directif est la méthode de terrain la plus fréquente dans les mémoires professionnels en SIC. Il permet d’accéder aux représentations des acteurs — professionnels de la communication, journalistes, community managers, usagers de services numériques — sur leurs pratiques. Pour être valide en SIC, l’entretien doit être analysé avec une grille de lecture communicationnelle (ce que les acteurs disent de leurs pratiques, pas seulement ce qu’ils font). Pour une méthode détaillée sur la conduite et la retranscription des entretiens, consultez notre guide sur la rédaction du chapitre méthodologie.

    4. L’analyse de contenu

    L’analyse de contenu permet de traiter de manière systématique un corpus textuel ou audiovisuel en le décomposant en catégories. Elle est souvent combinée à l’analyse de discours — l’analyse de contenu fournit une vision quantitative de la distribution des thèmes, l’analyse de discours en approfondit le sens. Elle s’applique bien aux études portant sur la représentation des femmes dans les médias, l’évolution du traitement d’un sujet dans la presse ou la tonalité des messages sur les réseaux sociaux.

    5. Les corpus numériques et Digital Studies

    Depuis le milieu des années 2010, les SIC ont intégré l’analyse de corpus numériques (scraping de tweets, analyse de forums, étude des algorithmes de recommandation) comme méthode à part entière. Ces approches combinent collecte automatisée de données, analyse qualitative des discours et réflexivité sur les conditions sociotechniques de la production des données. Elles sont particulièrement valorisées dans les masters orientés médias numériques et communication en ligne.

    20 sujets de mémoire par spécialité

    Les sujets ci-dessous sont classés par grande spécialité SIC. Ils sont formulés comme des problématiques ouvertes, non comme des titres définitifs — votre directeur vous aidera à les reformuler selon le terrain accessible et les attendus de votre formation.

    Spécialité Sujet / Problématique Méthode principale
    Communication organisationnelle Comment la communication interne d’une grande organisation construit-elle une figure de « collaborateur engagé » après une fusion-acquisition ? Analyse de discours (corpus intranet + entretiens)
    Quelles logiques communicationnelles président à la mise en scène de la RSE dans les rapports annuels d’entreprises du CAC 40 ? Analyse de contenu + sémiologie
    Comment les managers de proximité négocient-ils les injonctions contradictoires de la communication managériale post-pandémie ? Entretiens semi-directifs
    La communication de crise des hôpitaux publics lors d’un épisode sanitaire : entre injonction à la transparence et gestion de l’incertitude. Analyse de discours (conférences de presse, communiqués)
    Médias et journalisme Comment les rédactions de presse quotidienne régionale intègrent-elles les outils d’IA générative dans leurs routines de production éditoriale ? Entretiens + observation participante
    La représentation des personnes en situation de handicap dans les médias audiovisuels français entre 2015 et 2025 : évolution des figures et des discours. Analyse de contenu + analyse de discours
    Fact-checking et légitimité journalistique : comment les cellules de vérification des faits construisent-elles leur autorité épistémique en ligne ? Analyse de discours (corpus web)
    Le podcast narratif comme format journalistique émergent : pratiques de production et construction de l’intimité avec l’auditeur. Entretiens + analyse sémio-discursive
    Communication numérique Comment les influenceurs « experts santé » construisent-ils leur ethos sur Instagram entre 2022 et 2026 ? Sémiologie + analyse de discours (corpus Instagram)
    La modération de contenu sur les plateformes numériques : quelles formes d’autorité communicationnelle les Community Guidelines instaurent-elles ? Analyse de discours + corpus numériques
    Le personal branding des cadres supérieurs sur LinkedIn : entre professionnalisme affiché et mise en scène de soi. Sémiologie + entretiens
    Comment les applications de bien-être mental (Calm, Headspace, Petit BamBou) construisent-elles une relation de soin via leurs interfaces et leurs discours ? Sémiologie d’interface + analyse de discours
    Documentation et information Les pratiques informationnelles des étudiants de master face à l’IA générative : entre délégation et résistance. Entretiens + observation des usages
    Comment les bibliothèques universitaires françaises communiquent-elles leur rôle face à la désinformation ? Analyse de leurs dispositifs de médiation documentaire. Analyse de discours + entretiens professionnels
    La mise en visibilité des données de la recherche en SHS : enjeux communicationnels de l’open access pour les chercheurs. Entretiens + analyse de corpus HAL
    Concevoir une politique de records management dans un établissement public : approche communicationnelle et documentaire. Observation + analyse documentaire (mémoire pro)
    Communication publique et institutionnelle La communication des collectivités territoriales sur les réseaux sociaux : entre service public et politique de visibilité. Analyse de discours + corpus numériques
    Comment les musées nationaux reconstruisent-ils leur légitimité culturelle dans leurs dispositifs de médiation numérique post-Covid ? Sémiologie + entretiens de professionnels
    La parole syndicale dans l’espace public numérique : quelles stratégies de légitimation communicationnelle sur X (Twitter) ? Analyse de discours + corpus numériques
    La communication scientifique vers le grand public : étude des dispositifs de vulgarisation des institutions de recherche françaises. Analyse de contenu + entretiens

    Ces sujets couvrent les grandes spécialités SIC. Pour vous inspirer d’introductions modèles dans des disciplines voisines (marketing, gestion, sociologie), consultez nos 10 exemples d’introduction de mémoire commentés. Si votre parcours est davantage orienté méthodes qualitatives, l’article sur le mémoire en sociologie détaille l’entretien et l’observation, transposables aux SIC.

    Plan type d’un mémoire SIC

    Le plan d’un mémoire SIC suit la logique de l’enquête communicationnelle : partir d’un objet concret, le problématiser théoriquement, puis revenir au terrain avec les outils forgés dans la revue de littérature.

    Structure en trois parties (M2 Recherche)

    1. Cadrage théorique et état de l’art — Présentation de l’objet communicationnel, revue des travaux en SIC qui l’ont déjà étudié, construction de la problématique et des hypothèses.
    2. Méthodologie et terrain — Justification des choix méthodologiques (voir la distinction entre méthodes présentée plus haut), présentation du corpus ou du terrain, protocole de collecte et d’analyse.
    3. Analyse et discussion — Présentation des résultats, mise en dialogue avec le cadre théorique, apports et limites de la recherche.

    Structure en deux parties (M2 Professionnel)

    1. Diagnostic communicationnel — Présentation du contexte organisationnel, analyse des pratiques et des dispositifs en place, identification des tensions communicationnelles.
    2. Préconisations et mise en perspective — Recommandations opérationnelles fondées sur l’analyse, mise en perspective théorique, réflexivité sur la mission.

    Pour approfondir la construction de vos objectifs de recherche et de vos hypothèses, l’article dédié à la façon de construire les hypothèses de votre mémoire vous guidera pas à pas. Si votre mémoire comporte une dimension sociologique forte, notre article sur le mémoire en sociologie et méthodologie qualitative propose des développements complémentaires sur l’entretien et l’observation.

    Conseil pratique : En SIC, l’introduction est le lieu où vous présentez votre objet de recherche (le phénomène concret que vous étudiez) et votre objet scientifique (l’angle communicationnel que vous choisissez). Ce double ancrage — concret et théorique — est la marque de fabrique des mémoires réussis dans la discipline.

    Exigences du CELSA, d’AMU et de Nanterre

    Chaque établissement a ses propres conventions. Voici les points de vigilance spécifiques aux trois formations SIC les plus sélectives en France.

    CELSA — Sorbonne Université

    Le CELSA est rattaché à l’école doctorale Concepts et langages (ED 433) et au laboratoire GRIPIC (Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur les Processus d’Information et de Communication). Le M2 Recherche Communication en transformation accueille ses étudiants en séminaire de suivi de mémoire dès le semestre 3. Le jury attend une problématique explicitement ancrée dans les travaux du GRIPIC ou de la communauté SIC internationale (revues Communication, Réseaux, Études de communication). La bibliographie doit inclure des articles de revues à comité de lecture — les ouvrages de vulgarisation ne suffisent pas.

    Aix-Marseille Université (AMU) — IRSIC

    L’Institut de Recherche en Sciences de l’Information et de la Communication (IRSIC) d’AMU est l’un des principaux laboratoires SIC français. Les mémoires doivent respecter les normes de présentation définies par l’UFR ALLSH. AMU valorise particulièrement les approches comparatives (études de cas multiples) et les recherches sur la communication méditerranéenne et interculturelle. Le dépôt institutionnel du mémoire est obligatoire sur la plateforme DUMAS (HAL) pour les M2 Recherche.

    Paris Nanterre — LabSIC

    Le Laboratoire des Sciences de l’Information et de la Communication (LabSIC) de Paris Nanterre est reconnu pour ses travaux sur la communication des organisations et les pratiques documentaires numériques. Les mémoires professionnels du Master Communication des Organisations doivent comporter une convention de stage et un accord de l’entreprise pour le dépôt public. Le jury accorde une attention particulière à la réflexivité du chercheur-stagiaire sur sa position dans le terrain.

    Ressources clés : memSIC, revues et archives

    La documentation en SIC repose sur un écosystème d’archives ouvertes et de revues à comité de lecture que vous devez maîtriser avant de rédiger votre revue de littérature.

    memSIC

    memSIC est l’archive ouverte dédiée aux mémoires de master en SIC, hébergée par le CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe) du CNRS. Initialement développée sous le nom memIST par l’INIST-CNRS, elle a été étendue à l’ensemble des SIC sous son nom actuel. Elle regroupe des centaines de mémoires en texte intégral, librement accessibles. C’est votre première source pour identifier des travaux récents sur votre sujet, comprendre les standards de présentation attendus et vérifier que votre angle n’est pas déjà traité.

    @rchiveSIC

    @rchiveSIC est l’archive ouverte de la SFSIC (Société française des Sciences de l’Information et de la Communication), hébergée sur HAL-SHS. Elle regroupe les prépublications et articles des chercheurs en SIC. Recherchez-y les travaux des directeurs de mémoire de votre université — cela vous donnera des indices précis sur les approches théoriques qu’ils valorisent.

    Revues scientifiques de référence

    • Communication & langages — Axée sur la sémiotique et l’analyse des discours médiatiques.
    • Réseaux — Socio-économie des technologies de communication et des médias.
    • Études de communication — Université de Lille, axée sur la communication des organisations et les pratiques informationnelles.
    • RFSIC (Revue Française des Sciences de l’Information et de la Communication) — en accès libre sur OpenEdition, couvre l’ensemble du champ SIC.

    📄 memSIC — Archive ouverte des mémoires de master en SIC (CCSD/CNRS)
    Source : memsic.ccsd.cnrs.fr — Centre pour la Communication Scientifique Directe / CNRS

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    FAQ

    Quelle est la différence entre un mémoire en SIC et un mémoire en marketing ?

    Un mémoire en marketing analyse des stratégies commerciales et des comportements de consommateurs. Un mémoire en SIC adopte un regard communicationnel : il s’intéresse à la production et à la circulation du sens dans les discours, les dispositifs et les pratiques — y compris quand l’objet est une marque ou une campagne publicitaire. La différence est dans la posture analytique, pas dans l’objet.

    Combien d’entretiens faut-il réaliser dans un mémoire SIC ?

    Il n’existe pas de nombre fixe — la logique en SIC est celle de la saturation : vous continuez les entretiens jusqu’à ce que les thèmes abordés n’apportent plus d’éléments nouveaux. En pratique, entre 8 et 15 entretiens semi-directifs constituent un corpus solide pour un mémoire de master. Si votre approche combine entretiens et analyse de discours, 6 à 8 entretiens peuvent suffire si le corpus documentaire est riche.

    Peut-on faire un mémoire SIC uniquement sur des données numériques, sans entretiens ?

    Oui, absolument. Les mémoires fondés exclusivement sur l’analyse de corpus numériques (tweets, publications Instagram, fils de commentaires, sites web) sont valides en SIC à condition que la méthode d’analyse soit rigoureusement justifiée. L’analyse de discours ou la sémiologie appliquée à un corpus numérique constitue un terrain empirique à part entière.

    Qu’est-ce que memSIC et comment l’utiliser ?

    memSIC est l’archive ouverte des mémoires de master en sciences de l’information et de la communication, hébergée par le CCSD/CNRS. Elle permet de rechercher des mémoires par auteur, titre, date ou université. Utilisez-la pour trouver des exemples de mémoires proches de votre sujet, identifier les cadres théoriques mobilisés par d’autres étudiants et vérifier que votre angle est original. L’accès est libre et gratuit sur memsic.ccsd.cnrs.fr.

    La sémiologie est-elle encore pertinente en 2026 pour un mémoire SIC ?

    Oui, et elle connaît même un renouveau avec les approches de sémiotique des interfaces numériques et des écritures d’écran. La sémiologie permet d’analyser des objets visuels et des dispositifs que d’autres méthodes ne saisissent pas : logos, identités visuelles de marque, interfaces d’applications, mise en scène des profils sur les réseaux sociaux. Elle est particulièrement valorisée au CELSA et dans les formations axées communication visuelle.

    Comment construire un corpus pour un mémoire SIC ?

    Un corpus est un ensemble délimité de documents ou de productions communicationnelles que vous allez analyser. La délimitation doit être justifiée par des critères explicites : période temporelle, type de source, périmètre thématique. La taille dépend de la méthode — une analyse de discours approfondie peut porter sur 15 à 20 textes ; une analyse de contenu peut mobiliser plusieurs centaines d’items si le traitement est plus systématique. L’essentiel est de justifier la cohérence du corpus avec votre problématique.

    Quelle est la différence entre info-com, SIC et communication ?

    Les termes sont souvent utilisés de manière interchangeable. « SIC » est l’appellation officielle de la section 71 du CNU. « Info-com » est l’abréviation familière utilisée par les étudiants et certains UFR. « Communication » peut désigner soit la discipline académique (SIC), soit un secteur professionnel. Dans les maquettes pédagogiques, les masters « Communication » sont généralement rattachés à la section 71 (SIC) dès lors qu’ils comportent une composante recherche et un directeur de mémoire appartenant à cette section.

    Peut-on déposer son mémoire SIC en open access ?

    Oui, et c’est fortement encouragé. Les mémoires de M2 Recherche peuvent être déposés sur memSIC (memsic.ccsd.cnrs.fr) ou sur DUMAS (dumas.ccsd.cnrs.fr), l’archive ouverte généraliste des mémoires étudiants hébergée par le CCSD. Pour les mémoires professionnels comportant des données sensibles (données d’entreprise, données personnelles de participants), un embargo de 12 à 24 mois est possible. Vérifiez les consignes de votre établissement.

  • Analyse de discours : méthode et corpus pour le mémoire en SHS 2026

    Analyse de discours : méthode et corpus pour le mémoire en SHS 2026

    Analyse de discours : méthode et corpus pour le mémoire en SHS 2026

    Votre mémoire porte sur des textes — discours politiques, entretiens, articles de presse, productions institutionnelles — et vous cherchez une méthode capable d’en révéler les mécanismes de sens profonds, bien au-delà du simple comptage thématique. L’analyse de discours méthode mémoire 2026 à la française répond précisément à ce besoin : héritière des travaux fondateurs de Dominique Maingueneau et de Michel Pêcheux, elle offre un cadre théorique et opérationnel robuste pour les sciences humaines et sociales. Ce guide vous explique comment la mettre en œuvre de A à Z, du choix du corpus jusqu’aux logiciels d’analyse.

    Contrairement à l’analyse de contenu, qui vise à classer des occurrences dans des catégories prédéfinies, l’analyse de discours (AD) s’intéresse aux conditions de production du sens : qui parle, depuis quelle position institutionnelle, dans quel genre textuel, avec quels effets d’autorité ? Cette distinction fondamentale — souvent mal comprise dans les mémoires — est la première chose à maîtriser avant d’ouvrir votre premier logiciel.

    En résumé : L’analyse de discours à la française combine un cadre théorique rigoureux (Maingueneau : scénographie, ethos, genre discursif ; Pêcheux : formation discursive, interdiscours) avec une démarche empirique sur corpus. Pour un mémoire de master en SHS, la procédure comprend cinq étapes clés — problématisation, constitution du corpus, choix du cadre théorique, analyse assistée par logiciel (TXM, Iramuteq, AntConc), et interprétation.

    1. AD vs analyse de contenu : ne pas confondre les deux

    La confusion entre analyse de discours et analyse de contenu est l’une des erreurs les plus fréquentes dans les mémoires de master en SHS. Pourtant, ces deux approches reposent sur des épistémologies radicalement différentes, et les mobiliser de façon interchangeable fragilise l’ensemble de votre démarche.

    Tableau comparatif : Analyse de discours vs Analyse de contenu
    Critère Analyse de discours (AD) Analyse de contenu (Bardin)
    Objet d’étude Conditions de production du sens, positions énonciatives Fréquence et distribution de catégories thématiques
    Posture Interprétative, contextualisante Descriptive, classificatoire
    Unité d’analyse L’énoncé dans son contexte discursif L’unité de codage (mot, phrase, paragraphe)
    Rapport au sens Le sens est construit, idéologiquement situé Le sens est accessible par comptage et catégorisation
    Représentants Maingueneau, Pêcheux, Charaudeau, Authier-Revuz Bardin, Berelson, Mucchielli
    Rapport quantitatif Possible (textométrie) mais non prioritaire Central (fréquences, pourcentages)

    En termes simples : l’analyse de contenu répond à la question « qu’est-ce qui est dit, et à quelle fréquence ? », tandis que l’analyse de discours répond à « comment et depuis quelle position ce qui est dit prend-il du sens ? ». Pour un mémoire s’interrogeant sur la construction discursive d’une identité professionnelle, d’une controverse publique ou de représentations sociales, l’AD est l’outil approprié. Pour un mémoire cherchant à mesurer la présence de thèmes dans un corpus homogène, l’analyse de contenu sera plus adaptée.

    2. Cadres théoriques de référence : Maingueneau et Pêcheux

    L’analyse de discours à la française s’est construite autour de deux courants fondateurs dont la maîtrise est indispensable à tout mémoire se réclamant de cette approche.

    2.1 Dominique Maingueneau : scénographie, ethos et genre discursif

    Dans ses travaux parus dès 1979 dans la revue Repères, Maingueneau pose que le discours ne peut être analysé indépendamment de la scène d’énonciation qui lui donne sens. Cette scène comporte trois niveaux articulés :

    • La scène englobante : le type de discours auquel appartient le texte (discours politique, discours médical, discours publicitaire).
    • La scène générique : le genre discursif spécifique mobilisé (éditorial, rapport institutionnel, allocution, entretien semi-directif). La scène générique impose des contraintes énonciatives précises — ce qu’on peut dire, comment, à qui.
    • La scénographie : la mise en scène construite par le discours lui-même, qui excède le genre et instaure un cadre énonciatif singulier. La scénographie est le dispositif par lequel un discours se valide en exhibant la scène depuis laquelle il se dit légitime.

    À ces niveaux s’articule la notion d’ethos discursif : l’image de l’énonciateur que le discours construit de lui-même, indépendamment de toute biographie. L’ethos ne se déclare pas, il se montre — par le ton, le vocabulaire, les références convoquées, la posture adoptée. Dans une revue académique comme dans un rapport institutionnel, l’ethos de sérieux, de compétence ou d’impartialité est activement construit par des procédés langagiers identifiables. Comme Maingueneau le montre dans sa synthèse publiée dans Langage et société (n° 160-161, 2017, pp. 129-143), ces concepts ont été progressivement testés sur des corpus très variés, de la publicité au discours littéraire, démontrant leur robustesse opératoire pour les SHS[1].

    2.2 Michel Pêcheux : formation discursive et interdiscours

    Le courant initié par Michel Pêcheux à la fin des années 1960 — parfois qualifié d’Analyse du Discours à la française au sens strict — introduit une dimension idéologique explicite. Pêcheux emprunte à Foucault la notion de formation discursive (FD) : l’ensemble des contraintes qui déterminent ce qui peut et doit être dit depuis une position sociale donnée, à un moment historique donné. Deux sujets occupant des positions antagonistes dans le champ social ne produisent pas simplement deux discours différents : ils opèrent dans des formations discursives distinctes, qui déterminent le sens même des mots qu’ils emploient.

    Le concept d’interdiscours est encore plus décisif : pour Pêcheux, tout discours est traversé par d’autres discours, présents sous forme de traces, de citations implicites, de présupposés. Le pré-construit — ce qui va de soi, ce qui n’a pas besoin d’être dit — est une manifestation privilégiée de l’interdiscours. Repérer le non-dit dans votre corpus est précisément l’une des tâches centrales de l’AD. Ces fondements théoriques sont accessibles dans les archives en ligne de la revue Repères, où Maingueneau en avait posé les bases définitionnelles dès 1979[2].

    Point de vigilance pour votre mémoire : ces deux courants (Maingueneau/Charaudeau d’un côté, Pêcheux de l’autre) ne sont pas interchangeables. Maingueneau s’intéresse davantage aux dispositifs énonciatifs ; Pêcheux aux déterminations idéologiques. Choisissez le cadre le plus cohérent avec votre problématique, ou justifiez explicitement pourquoi vous les articulez.

    3. Constituer un corpus solide pour votre mémoire

    Le corpus est le matériau premier de toute analyse de discours. Sa constitution n’est pas une étape technique préalable à l’analyse : c’est déjà un geste théorique, qui engage votre positionnement épistémologique. Un corpus mal construit invalide l’ensemble de la démarche.

    3.1 Critères de sélection

    Quatre critères structurent la constitution d’un corpus recevable en AD :

    1. La représentativité discursive : les textes retenus doivent être représentatifs du type de discours que vous étudiez (même genre, même institution, même espace discursif). Un corpus composite — mélangeant des communiqués officiels et des tweets de citoyens sur le même objet sans le justifier — pose des problèmes de comparabilité.
    2. La cohérence temporelle : sauf démarche diachronique explicitement problématisée, le corpus doit couvrir une période temporelle homogène, permettant d’isoler une formation discursive stable.
    3. La saturation : à partir d’un certain volume, l’ajout de nouveaux textes n’apporte plus de catégories nouvelles. Ce principe, emprunté à la théorie ancrée, s’applique aux corpus qualitatifs en AD.
    4. L’accessibilité et la traçabilité : chaque document du corpus doit être identifiable, daté, sourcé et, si possible, accessible en ligne (via Cairn, Persée, HAL, ou les archives institutionnelles). Cela garantit la réplicabilité et facilite le travail de votre jury.

    3.2 Types de corpus selon l’objet de recherche

    Type de corpus Exemples Questions de recherche adaptées
    Corpus institutionnel Rapports, circulaires, plans stratégiques Construction de l’identité organisationnelle, légitimation de politiques
    Corpus médiatique Articles de presse, éditoriaux, communiqués Représentations sociales, cadrage journalistique
    Corpus d’entretiens Verbatims semi-directifs, récits de vie Identités professionnelles, expériences vécues
    Corpus numérique Forums, réseaux sociaux, blogs Discours profanes, controverses en ligne
    Corpus littéraire/scientifique Articles académiques, monographies, thèses Construction de l’autorité, ethos disciplinaire

    3.3 Taille du corpus

    La question de la taille est récurrente dans les mémoires. Pour une approche qualitative en AD, un corpus de 10 à 50 documents denses est généralement suffisant pour un mémoire de master. Si vous mobilisez des outils textométriques (TXM, Iramuteq), un volume d’au moins 30 000 à 50 000 mots est souhaitable pour que les calculs de spécificité et de cooccurrence soient statistiquement robustes. La cohérence prime toujours sur la quantité : un corpus de 15 rapports institutionnels minutieusement sélectionnés vaut mieux qu’un corpus de 100 textes hétéroclites.

    4. Démarche pas à pas : de la problématique à l’interprétation

    Voici la procédure structurée que vous pouvez suivre pour mener une analyse de discours dans le cadre de votre mémoire en SHS.

    1. Formuler une problématique discursive. La problématique d’une AD ne porte pas sur un phénomène social en général, mais sur la façon dont ce phénomène est construit discursivement. Exemple : non pas « comment les syndicats perçoivent-ils la réforme X ? », mais « quels dispositifs énonciatifs les syndicats mobilisent-ils pour se positionner face à la réforme X ? ».
    2. Choisir et justifier votre cadre théorique. Précisez si vous travaillez dans la tradition de Maingueneau (scène d’énonciation, scénographie, ethos), de Pêcheux (formation discursive, interdiscours), ou d’une articulation des deux. Ce choix doit être cohérent avec votre objet et explicité dans votre chapitre méthodologique. Voir à ce sujet notre guide sur le cadre théorique vs cadre conceptuel dans un mémoire.
    3. Constituer le corpus. Appliquez les critères décrits à la section précédente. Documentez chaque document : auteur, date, source, contexte de production. Créez un tableau récapitulatif à inclure en annexe.
    4. Préparer les données pour l’analyse assistée. Convertissez vos textes en format adapté au logiciel choisi. Pour TXM : balisage XML/TEI. Pour Iramuteq et AntConc : texte brut encodé en UTF-8, avec séparateurs de variables étoilées pour Iramuteq.
    5. Mener l’analyse de premier niveau. Repérez les récurrences lexicales, les isotopies, les marques énonciatives (pronoms, modalités, connecteurs argumentatifs). Créez un premier système de catégories analytiques.
    6. Mener l’analyse de second niveau : interprétation discursive. À partir des régularités repérées, identifiez les formations discursives à l’œuvre, les ethos construits, les présupposés et sous-entendus, les figures de l’Autre dans le discours. C’est ici que l’AD se distingue nettement d’une analyse thématique classique.
    7. Rédiger les résultats en articulant exemples et théorie. Chaque interprétation doit être étayée par des extraits du corpus (en italique ou entre guillemets, avec référence précise au document). Évitez les généralisations non ancrées textuellement.
    Conseil de rédaction : dans votre chapitre de résultats, organisez l’exposé non pas par document mais par dimension analytique (ex. : « La construction de l’ethos d’expert », « Les stratégies de déni de responsabilité », « La mise en scène de l’altérité »). Cette organisation met en valeur la cohérence de votre démarche et facilite la lecture du jury.

    Pour approfondir la rédaction du chapitre méthodologique, vous pouvez consulter notre guide sur comment rédiger le chapitre méthodologie de son mémoire de master. Consultez aussi notre article sur le mémoire en sociologie : méthodologie qualitative 2026 pour des exemples de mise en pratique dans une discipline voisine.

    5. Outils et logiciels : TXM, AntConc, Iramuteq

    Trois logiciels libres et gratuits dominent aujourd’hui l’analyse de corpus assistée par ordinateur dans les SHS françaises. Chacun correspond à des usages et des niveaux de compétence distincts.

    5.1 TXM — La textométrie rigoureuse

    TXM est un logiciel open source développé par le CNRS (laboratoire ICAR, ENS de Lyon) dans le cadre du projet ANR Textométrie. Il implémente la méthode textométrique — fondée sur l’analyse statistique des distributions lexicales — et offre un environnement complet : concordancier, calcul de spécificités, cooccurrences, progression, partition de corpus. TXM travaille nativement avec des corpus au format XML/TEI, ce qui permet d’encoder des métadonnées (auteur, date, institution) et de les exploiter comme variables de partition[3].

    Pour quel mémoire ? TXM convient particulièrement aux corpus volumineux (plusieurs centaines de milliers de mots) et aux recherches nécessitant une comparaison fine entre sous-corpus (par exemple : évolution diachronique du discours d’une institution, ou comparaison entre plusieurs locuteurs). Sa courbe d’apprentissage est plus élevée ; des tutoriels sont disponibles sur le site MATE-SHS du CNRS.

    5.2 AntConc — L’accessibilité pour les débutants

    AntConc (développé par Laurence Anthony, Waseda University) est un concordancier multiplatforme fonctionnant avec des fichiers texte brut. Sa prise en main est rapide — quelques heures suffisent pour maîtriser les fonctions essentielles : liste de fréquences, concordancier KWIC (Keyword in Context), calcul des n-grammes, analyse de collocations. AntConc est idéal pour les premiers mémoires intégrant une composante textométrique, notamment en sciences du langage, en communication ou en sociologie.

    Limite principale : AntConc ne permet pas de travailler avec des métadonnées structurées ni de réaliser des analyses statistiques avancées. Pour dépasser la description lexicale et atteindre une véritable analyse discursive, il faudra articuler les résultats AntConc avec une lecture interprétative approfondie des concordances.

    5.3 Iramuteq — La classification et les représentations sociales

    Iramuteq (Interface de R pour les Analyses Multidimensionnelles de Textes et de Questionnaires) fonctionne en interface avec le langage R et propose un ensemble d’analyses complémentaires : classification hiérarchique descendante (méthode Reinert), analyse de similitude, nuage de mots lexicométriques, et analyse de correspondances. Sa force réside dans la capacité à identifier des classes de discours homogènes à l’intérieur d’un corpus, ce qui en fait un outil privilégié pour les recherches sur les représentations sociales et les logiques discursives groupales. Des ressources méthodologiques sont disponibles sur le site officiel d’Iramuteq ainsi que sur MATE-SHS.

    Interface du logiciel IRaMuTeQ montrant les options d'analyse de corpus textuel : classification hiérarchique descendante, analyse de similitude, nuage de mots
    Interface d’IRaMuTeQ — logiciel libre d’analyse statistique des corpus textuels. Source : Site officiel IRaMuTeQ (Pierre Ratinaud, LERASS / Huma-Num CNRS)
    Quel logiciel choisir pour votre mémoire ?

    • Vous débutez, corpus de taille modeste (<100 000 mots) : AntConc pour la description lexicale + lecture qualitative approfondie.
    • Vous travaillez sur des représentations sociales ou des entretiens : Iramuteq (classification Reinert).
    • Vous avez un grand corpus structuré avec métadonnées, ou vous faites une thèse : TXM.

    6. Intégrer l’AD dans votre chapitre méthodologie

    L’analyse de discours n’échappe pas à l’obligation de justification méthodologique. Votre chapitre méthodologie doit explicitement répondre aux questions suivantes :

    6.1 Justification du choix de l’AD

    Expliquez en quoi votre objet de recherche appelle une approche discursive plutôt que d’autres méthodes qualitatives. Si votre question porte sur la construction linguistique du sens (et non sur des comportements, des pratiques ou des vécus), l’AD est légitime. Référencez les auteurs de référence (Maingueneau, Pêcheux, Charaudeau, ou les théoriciens critiques comme Fairclough ou van Dijk si vous mobilisez une perspective internationale) pour ancrer votre démarche dans un champ reconnu.

    Pour situer l’AD dans une réflexion plus large sur les méthodes qualitatives en SHS, consultez notre guide complet sur la recherche qualitative pour le mémoire et la thèse.

    6.2 Présentation du corpus

    Décrivez le corpus de façon précise : nombre de documents, volumétrie en mots, période couverte, critères d’inclusion et d’exclusion, mode de collecte. Un tableau synthétique est apprécié. Justifiez également les exclusions éventuelles : pourquoi tel document n’a-t-il pas été retenu ? La transparence sur les choix de constitution du corpus est un marqueur de rigueur scientifique.

    6.3 Description de la procédure analytique

    Détaillez les catégories analytiques que vous avez retenues (par exemple : identification des marqueurs d’ethos, repérage des formations discursives, analyse des présuppositions) et comment vous les avez construites. Précisez si vos catégories sont prédéfinies (approche déductive, fondée sur le cadre théorique) ou émergentes (approche inductive, construites au fil de l’analyse). La plupart des mémoires en AD adoptent une démarche abductive, combinant les deux.

    6.4 Réflexivité et limites

    L’AD est une démarche interprétative : elle ne prétend pas à l’objectivité totale. Votre chapitre méthodologie doit inclure une section sur les limites de la démarche : risque d’interprétation surplombante, limites liées à la représentativité du corpus, biais potentiels liés à votre propre position de chercheur. Cette réflexivité n’est pas une faiblesse : c’est un signe de maturité scientifique. Pour aller plus loin sur la dimension épistémologique, notre article sur la méta-analyse : méthode complète pour mémoire et thèse offre une perspective complémentaire sur la rigueur analytique en SHS.

    Enfin, si vous souhaitez gagner du temps sur la mise en forme et la cohérence stylistique de votre mémoire, Tesify peut vous aider à calibrer le registre académique et à structurer vos chapitres sans décider à votre place.

    FAQ

    Quelle est la différence entre l’analyse de discours et l’analyse de contenu ?

    L’analyse de contenu (Bardin) vise à quantifier des catégories thématiques prédéfinies dans un corpus. L’analyse de discours s’intéresse aux conditions de production du sens : qui parle, depuis quelle position, selon quelles contraintes génériques et idéologiques. L’AD traite le texte comme un événement discursif ancré dans un contexte historique et social, là où l’analyse de contenu reste plus proche d’une logique de classification. Le tableau comparatif en section 1 de cet article détaille les critères de différenciation.

    Combien de textes faut-il pour constituer un corpus d’analyse de discours ?

    Il n’existe pas de seuil universel. Un corpus qualitatif en AD peut comprendre entre 10 et 50 documents selon la densité des textes et l’objectif analytique. L’essentiel est la cohérence : les textes doivent partager un même espace discursif (même genre, même institution, même moment historique). Pour une analyse textométrique avec TXM ou Iramuteq, un minimum de 30 000 à 50 000 mots est souhaitable. Un corpus trop hétérogène affaiblit la comparabilité et la validité des interprétations.

    TXM, AntConc ou Iramuteq : quel logiciel choisir pour son mémoire ?

    TXM (CNRS, open source) est idéal pour la textométrie rigoureuse sur des corpus balisés XML/TEI. AntConc est plus accessible pour des corpus en texte brut et convient aux débutants. Iramuteq se distingue pour les analyses de représentations sociales et la classification hiérarchique descendante (méthode Reinert). Pour un mémoire de master, Iramuteq ou AntConc sont généralement suffisants ; TXM s’impose pour les thèses avec corpus volumineux et structurés.

    Qu’est-ce que la formation discursive au sens de Pêcheux ?

    Chez Michel Pêcheux, la formation discursive (FD) désigne l’ensemble des contraintes idéologiques qui déterminent ce qui peut et doit être dit depuis une position sociale donnée. Inspiré de Foucault et Althusser, Pêcheux montre que le sens d’un énoncé n’est jamais intrinsèque : il résulte de la place occupée dans l’interdiscours, c’est-à-dire dans l’ensemble des discours déjà tenus qui traversent et conditionnent tout nouveau discours.

    Comment intégrer l’analyse de discours dans le chapitre méthodologie d’un mémoire ?

    Dans votre chapitre méthodologie, présentez : (1) votre ancrage théorique (AD à la française, auteurs de référence), (2) les critères de constitution du corpus et sa justification, (3) la procédure d’analyse (catégories retenues : scénographie, ethos, formation discursive, etc.), (4) les outils utilisés et leur pertinence, (5) les limites de la démarche (subjectivité interprétative, représentativité du corpus). Chaque choix doit être justifié par rapport à votre problématique.

    L’analyse de discours est-elle compatible avec une approche quantitative ?

    Oui. L’AD n’est pas exclusivement qualitative. La textométrie (TXM, Iramuteq) permet d’associer traitement statistique des fréquences lexicales et interprétation qualitative des énoncés. Cette combinaison est particulièrement valorisée dans les mémoires en SHS car elle renforce la rigueur méthodologique et permet de travailler sur des corpus de plusieurs centaines de milliers de mots.

    Peut-on analyser des données issues de réseaux sociaux avec l’AD ?

    Oui, à condition de respecter les contraintes éthiques (anonymisation, conditions d’utilisation des plateformes) et de justifier la cohérence discursive du corpus. Les tweets, posts ou commentaires constituent des genres discursifs à part entière, avec leurs propres contraintes énonciatives. Il convient de consulter votre directeur de mémoire et, le cas échéant, votre comité d’éthique institutionnel avant toute collecte automatisée de données.