Rentrée universitaire France 2025-2026 : effectifs prévisionnels par filière — toutes les données SIES

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Rentrée universitaire France 2025-2026 : effectifs prévisionnels par filière — toutes les données SIES

Avec 3 027 000 étudiants inscrits à la rentrée 2025 et 3 046 800 attendus à la rentrée 2026, la France franchit durablement le cap des trois millions d’apprenants dans l’enseignement supérieur. Pourtant, derrière ce chiffre global se cachent des trajectoires diamétralement opposées selon les filières : effondrement des STS scolaires, dynamisme des grandes écoles privées, stagnation de la licence générale. Comprendre ces flux est indispensable pour anticiper les ressources pédagogiques, les besoins en encadrement et l’orientation des politiques publiques.

Cette analyse s’appuie sur la Note Flash SIES n°25 d’octobre 2025 (données définitives 2024-2025) et sur les projections SIES NI 2025-07 couvrant les rentrées 2024 à 2033. Résultat clé en premier : la croissance totale ralentit, mais les inégalités entre filières se creusent structurellement.

Chiffre clé 2026 : La France comptera environ 3 046 800 étudiants à la rentrée 2026 (+19 800 par rapport à 2025, soit +0,65 %). La hausse sera portée principalement par les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs hors université et les filières santé-social, tandis que les STS scolaires et les CPGE continueront de reculer.

1. Chiffres globaux 2024-2026

La rentrée 2024-2025 a marqué un franchissement historique : pour la première fois, l’enseignement supérieur français dépasse officiellement les 3 millions d’étudiants. La progression de +1,4 % par rapport à 2023-2024 est la plus forte depuis cinq ans, tirée par la démographie des bacheliers et l’ouverture de nouvelles formations en apprentissage.

Effectifs globaux enseignement supérieur — France métropolitaine + DOM (sources : SIES-MESRI)
Rentrée Effectifs totaux Variation annuelle
2022-2023 2 954 000 +0,3 %
2023-2024 2 961 000 +0,2 %
2024-2025 (définitif) 3 003 000 +1,4 %
2025-2026 (projection) 3 027 000 +0,5 %
2026-2027 (projection) 3 046 800 +0,65 %

Le ralentissement prévu à partir de 2025 s’explique par la baisse du flux de bacheliers : les cohortes nées entre 2006 et 2009 sont moins nombreuses que celles des années 2000. Le SIES estime que la croissance atteindra un plateau autour de 3,1 millions vers 2028, avant une légère décrue à partir de 2030.

2. Université : licence, master, doctorat

Les universités publiques (hors IUT) accueillent 1 631 500 étudiants en 2024-2025, soit +1,6 % en un an. C’est la composante la plus importante du système, représentant 54 % des effectifs totaux de l’enseignement supérieur.

Licence générale et professionnelle

La licence générale marque le pas : après des années de progression soutenue, les effectifs de premier cycle se stabilisent, voire reculent légèrement dans certaines disciplines. Les sciences humaines et sociales perdent des effectifs au profit des filières professionnalisantes. La licence professionnelle (LP), en revanche, se maintient grâce au développement de l’apprentissage.

Master : la filière la plus dynamique de l’université

Les effectifs de master continuent leur progression régulière : +3 500 étudiants en 2025 (+0,6 %) et +4 200 en 2026 (+0,7 %). Ce cycle représente désormais près de 530 000 inscrits. Les masters de management, d’informatique et de sciences de l’ingénieur sont les plus demandés. La sélection à l’entrée du master 1 (loi ORE, 2017) a structurellement réduit le taux d’échec en M1-M2 et stabilisé les flux.

Doctorat : baisse structurelle

Avec environ 67 000 doctorants, le doctorat reste sous pression. Les inscriptions ont diminué de 3 % entre 2017 et 2024. Le financement insuffisant des thèses (contrats doctoraux, CIFRE) et les perspectives d’emploi académique incertaines expliquent cette tendance. Seule la filière CIFRE (entreprise-université) résiste, avec près de 2 000 nouvelles conventions signées en 2024.

3. Filières sélectionnées : CPGE, STS, IUT

CPGE : légère croissance en 2025, puis recul

Les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles enregistrent une légère progression en 2025 (+500 étudiants, +0,6 %), avant de fléchir en 2026 (−1 %). Elles accueillent environ 82 000 élèves. La concurrence d’autres voies d’excellence (Bachelor des grandes écoles post-bac, BUT) pèse sur leur attractivité auprès des bacheliers généraux.

STS scolaire : recul continu

C’est la filière qui souffre le plus : les Sections de Techniciens Supérieurs sous statut scolaire perdent 3 500 étudiants en 2025 et encore 1 900 en 2026. Cette baisse structurelle, engagée depuis 2021, s’explique par la montée en puissance de l’apprentissage (STS en apprentissage, lui, progresse) et par la concurrence du BUT, instauré en 2021 pour remplacer le DUT. Les STS en apprentissage absorbent une partie du flux réorienté.

IUT / BUT : légère contraction

L’IUT enregistre une légère baisse en 2025 malgré le succès initial du BUT. La transformation de 3 ans a globalement maintenu les effectifs, mais certains IUT voient leurs candidatures diminuer dans les spécialités industrielles. Le réseau IUT compte environ 120 000 étudiants en BUT.

4. Écoles de commerce et d’ingénieurs : moteurs de croissance

Les formations privées post-bac constituent le principal moteur de croissance du système. Les écoles de commerce accréditées (AACSB, EQUIS) et les écoles d’ingénieurs hors universités affichent des hausses continues de 3 à 5 % par an.

Effectifs filières sélectionnées — projections 2025-2026 (source : SIES-MESRI)
Filière Effectifs 2024-2025 Variation 2025 Variation 2026
Université (total) 1 631 500 +0,4 % +0,3 %
STS scolaire ~245 000 −1,4 % −0,8 %
CPGE ~82 000 +0,6 % −1,0 %
Écoles d’ingénieurs (hors univ.) ~175 000 +3,5 % +3,2 %
Écoles de commerce ~195 000 +4,1 % +3,8 %
Formations santé-social ~210 000 +2,1 % +2,0 %

Cette bipolarisation du système — filières universitaires publiques stagnantes versus formations privées sélectives en forte croissance — alimente le débat sur l’équité d’accès et le financement public de l’enseignement supérieur. Les écoles de commerce perçoivent des frais de scolarité moyens de 12 000 à 15 000 € par an, là où une université publique facture 243 € en licence.

5. Santé, social et formations paramédicales

Les formations de santé et du travail social constituent l’autre pôle dynamique. La réforme des études de santé (PASS, LAS) instaurée en 2020 a reconfiguré les flux d’entrée en médecine, pharmacie et odontologie. Après une période d’ajustement, les effectifs se stabilisent autour de 60 000 étudiants en première année de médecine (PASS + LAS combinés). Les formations paramédicales (infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes) enregistrent une croissance soutenue de 2 % par an, soutenue par les besoins du système de santé et le Plan de revalorisation du Ségur.

6. Tendances à horizon 2033 : vers un plateau puis une décrue

Les projections SIES à dix ans dessinent un scénario en trois temps :

  • 2025-2028 : croissance lente (≈ +0,4 %/an), plateau autour de 3,1 millions
  • 2029-2031 : stabilisation, début de légère décrue pour les filières universitaires généralistes
  • 2032-2033 : baisse probable des effectifs totaux si la démographie ne compense pas le recul des bacheliers généraux

Ce scénario de décrue contraste avec la France des années 2000-2020, caractérisée par une expansion continue. Les gestionnaires d’établissements doivent dès aujourd’hui anticiper la gestion de la masse salariale et des capacités d’hébergement.

7. Impact sur l’encadrement pédagogique

La croissance étudiante ne s’est pas accompagnée d’une hausse équivalente des effectifs d’enseignants. Entre 2013 et 2021, le nombre d’étudiants a progressé de +14 %, tandis que les effectifs enseignants n’ont augmenté que de +4 %. Résultat : le taux d’encadrement pédagogique a chuté de −13 % sur la période.

Le ratio actuel est de 15,5 étudiants par enseignant en moyenne nationale, proche de la moyenne OCDE (15,6), mais ce chiffre masque des disparités considérables : certaines facultés de lettres ou de droit dépassent les 25 étudiants par enseignant en cours magistraux, quand les CPGE maintiennent un ratio de 10 à 12.

La combinaison d’une stagnation des effectifs étudiants et d’un choc démographique négatif chez les enseignants-chercheurs (2,9 % de départs par an attendus entre 2021 et 2029) crée une fenêtre de recrutement cruciale. Sans renouvellement suffisant des postes de maîtres de conférences — dont le nombre ouvert au concours a été divisé par 3 entre 1998 et 2020 — le ratio va continuer à se dégrader.

Encadrement et mémoire : La surcharge des directeurs de mémoire est directement liée à cette dégradation du ratio. Si vous rédigez votre mémoire de master et que votre directeur tarde à vous répondre, cela reflète souvent une réalité structurelle : un enseignant-chercheur encadre en moyenne 15 à 20 mémoires simultanément. Des outils comme Tesify permettent d’avancer de manière autonome entre les séances de suivi.

FAQ — Effectifs enseignement supérieur France 2025-2026

Combien y a-t-il d’étudiants en France à la rentrée 2025 ?

Selon les projections SIES-MESRI, la France comptera environ 3 027 000 étudiants dans l’enseignement supérieur à la rentrée 2025-2026, en hausse de 0,5 % par rapport aux 3 003 000 de la rentrée 2024-2025. C’est la deuxième année consécutive au-dessus du seuil des 3 millions.

Quelle filière perd le plus d’étudiants en 2025 ?

Les STS scolaires (BTS sous statut étudiant) enregistrent la baisse la plus marquée : −3 500 étudiants prévus à la rentrée 2025 et −1 900 en 2026. Cette tendance est engagée depuis 2021 et s’explique par la montée de l’apprentissage dans cette filière et par la concurrence du BUT.

Quelle filière connaît la plus forte croissance ?

Les écoles de commerce (+4,1 % en 2025) et les écoles d’ingénieurs hors universités (+3,5 %) sont les filières les plus dynamiques. Les formations santé-social progressent également de +2 % par an, portées par les besoins du système de soins.

Combien d’étudiants sont inscrits en master en France ?

Environ 530 000 étudiants sont inscrits en master dans les universités françaises en 2024-2025. Les effectifs de master progressent régulièrement (+0,6 % en 2025, +0,7 % en 2026), ce qui en fait le cycle universitaire le plus dynamique.

Quand les effectifs étudiants commenceront-ils à baisser en France ?

Les projections SIES prévoient un plateau autour de 3,1 millions vers 2028, suivi d’une légère décrue à partir de 2030-2031. Cette baisse sera liée à la diminution des classes d’âge nées à la fin des années 2000 et à un effet de saturation dans certaines filières.

Quelle est la part de l’université dans l’enseignement supérieur français ?

L’université (hors IUT) représente environ 54 % des effectifs totaux de l’enseignement supérieur en 2024-2025, avec 1 631 500 inscrits sur les 3 003 000 étudiants au total. Cette part tend à diminuer progressivement au profit des écoles privées et des formations en apprentissage.


Sources : SIES-MESRI — Projections des effectifs 2024-2033 · SIES — Effectifs 2024-2025 · Headway Advisory — Plus de trois millions d’étudiants


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