Mémoire en santé tropicale à La Réunion : dengue, chikungunya et arboviroses (sujets 2026)
La Réunion est l’un des rares territoires français où les arboviroses — maladies infectieuses transmises par des arthropodes vecteurs, principalement des moustiques — constituent une priorité permanente de santé publique. L’île a connu une première épidémie majeure de chikungunya en 2005-2006 qui a touché une grande partie de la population, et une nouvelle vague épidémique s’est déclarée à partir d’août 2024, avec plus de 33 000 cas recensés depuis le début 2025 selon les données de l’Agence Régionale de Santé Océan Indien (ARS OI). Rédiger un mémoire en santé tropicale à La Réunion sur les arboviroses permet de s’inscrire dans un champ scientifique vivant, ancré dans une recherche de haut niveau portée par l’UMR PIMIT.
L’Unité Mixte de Recherche PIMIT (Processus Infectieux en Milieu Insulaire Tropical), hébergée sur le site du CYROI (Centre Régional Innovation et Transfert) à Saint-Denis, est née précisément de l’épidémie de chikungunya de 2006. Elle concentre ses travaux sur les arboviroses (chikungunya, dengue, Zika) et la leptospirose, et constitue l’interlocuteur scientifique de référence pour tout mémoire ou thèse portant sur ces pathologies à La Réunion.
Contexte : La Réunion et les arboviroses
Aedes albopictus, le moustique tigre, est présent sur l’ensemble de l’île et constitue le principal vecteur des arboviroses réunionnaises. Contrairement à Aedes aegypti, dominant dans les Antilles et en Asie du Sud-Est, Aedes albopictus s’adapte à des altitudes plus élevées et à des densités de population plus faibles, ce qui explique la diffusion de la dengue et du chikungunya dans des communes des Hauts normalement hors de portée de ces maladies.
L’épidémie de chikungunya de 2005-2006 a transformé la recherche en santé tropicale à La Réunion : elle a conduit à la création du PIMIT en 2007, au développement de systèmes de surveillance renforcés par l’ARS OI et à des collaborations internationales avec l’Institut Pasteur, l’INSERM et des laboratoires de l’océan Indien. La nouvelle épidémie de chikungunya débutée en août 2024 — dont l’analyse génomique a mis en évidence une mutation E1-A226V favorisant l’adaptation au vecteur local — montre que ce cycle n’est pas refermé et que les questions de recherche restent ouvertes.
Au-delà du chikungunya, la dengue circule de manière endémique à La Réunion avec des pics saisonniers, et la leptospirose (bactériose transmise par les eaux douces en milieu naturel) constitue une troisième pathologie à fort impact local, notamment dans les zones de randonnée des Hauts.
12 sujets et problématiques pour votre mémoire
Épidémiologie et surveillance
- Sujet 1 : La surveillance épidémiologique du chikungunya à La Réunion — dispositifs, acteurs et efficacité du système d’alerte précoce (2024-2025).
Problématique : Dans quelle mesure le système de surveillance épidémiologique des arboviroses mis en place par l’ARS OI et Santé publique France permet-il une détection précoce et une réponse adaptée aux épidémies de chikungunya à La Réunion ? - Sujet 2 : Facteurs socio-environnementaux de la vulnérabilité à la dengue dans les communes péri-urbaines de La Réunion.
Problématique : Quels déterminants socio-environnementaux (densité de population, gestion des déchets, habitat, altitude) expliquent la variabilité spatiale de l’incidence de la dengue entre communes réunionnaises ? - Sujet 3 : La réémergence du chikungunya à La Réunion en 2024-2025 — analyse comparative avec l’épidémie de 2005-2006.
Problématique : Quelles similitudes et quelles différences épidémiologiques, virologiques et institutionnelles caractérisent les épidémies de chikungunya de 2005-2006 et de 2024-2025 à La Réunion ? - Sujet 4 : Co-circulation de la dengue et du chikungunya à La Réunion — enjeux diagnostiques et de prise en charge clinique.
Lutte antivectorielle et comportements de prévention
- Sujet 5 : Les campagnes de sensibilisation à la lutte anti-larvaire à La Réunion — efficacité perçue et pratiques effectives des ménages.
Problématique : Dans quelle mesure les campagnes d’information de l’ARS OI modifient-elles durablement les comportements de gîtes larvaires dans les foyers réunionnais ? - Sujet 6 : L’acceptabilité sociale des méthodes alternatives de lutte antivectorielle à La Réunion — moustiques stériles, Wolbachia, larvicides biologiques.
Problématique : Comment les habitants de La Réunion perçoivent-ils les nouvelles méthodes de contrôle du moustique tigre, et quelles conditions favorisent ou freinent leur acceptation ? - Sujet 7 : La lutte antivectorielle en zone urbaine dense (Saint-Denis, Saint-Pierre) vs en zone rurale des Hauts — une comparaison des stratégies et de leurs limites.
Santé publique, populations et territoire
- Sujet 8 : Impact des arboviroses sur le système de santé réunionnais — hospitalisations, saturation des urgences et coordination CHU / réseau de soins primaires.
Problématique : Comment l’épidémie de chikungunya de 2024-2025 a-t-elle affecté l’organisation et la capacité de réponse du système de soins réunionnais ? - Sujet 9 : Vulnérabilités des personnes âgées et des nourrissons lors des épidémies d’arboviroses à La Réunion — analyse des données hospitalières.
- Sujet 10 : Le rôle des travailleurs de santé communautaires dans la prévention des arboviroses dans les quartiers défavorisés de La Réunion.
- Sujet 11 : Arboviroses et tourisme à La Réunion — impacts sur la fréquentation et communication de crise (2025 : chikungunya + cyclone Garance).
Note : Ce sujet établit un pont avec les enjeux de tourisme durable analysés dans notre guide sur le mémoire sur le tourisme durable à La Réunion. - Sujet 12 : Leptospirose à La Réunion — profils épidémiologiques, expositions à risque (randonnée, agriculture cannière) et prévention.
Méthodologie et sources de données
Données épidémiologiques disponibles
| Source | Données | Accès |
|---|---|---|
| ARS La Réunion | Points épidémiologiques hebdomadaires arboviroses, bilans de crise | lareunion.ars.sante.fr (libre) |
| Santé publique France | Données nationales de surveillance, bulletins épidémiologiques hebdomadaires | santepubliquefrance.fr (libre) |
| UMR PIMIT / CYROI | Publications scientifiques sur la virologie et l’épidémiologie des arboviroses | pimit.univ-reunion.fr ; PubMed |
| CHU de La Réunion | Données hospitalières (sur protocole de recherche approuvé) | Sur convention de recherche |
Approches méthodologiques recommandées
Épidémiologie descriptive : Pour les mémoires de santé publique ou de master en épidémiologie, l’analyse des données de surveillance (incidence, distribution spatiale, profils des cas) à partir des publications ARS OI est l’approche la plus accessible. Elle ne nécessite pas d’accès aux données nominatives.
Enquête déclarative : Pour les sujets sur les comportements (lutte anti-larvaire, recours aux soins, acceptabilité des méthodes alternatives), un questionnaire auto-administré distribué en ligne ou en face à face constitue le cœur de votre collecte. Prévoyez un échantillon de 80 à 150 répondants pour une analyse univariée et bivariée avec SPSS ou R.
Entretiens qualitatifs : Pour les sujets portant sur les acteurs institutionnels (ARS OI, communes, associations), 8 à 12 entretiens semi-directifs avec des responsables de la lutte antivectorielle, des médecins généralistes ou des agents de santé communautaires permettent une analyse thématique riche.
Pour construire un protocole méthodologique rigoureux, quel que soit votre approche, notre guide comment construire le protocole de recherche de son mémoire détaille les étapes de validation éthique, de collecte et d’analyse.
Un mémoire en santé tropicale à La Réunion s’inscrit dans un contexte insulaire que partagent d’autres disciplines. Pour les aspects économiques et agro-environnementaux liés à la filière canne (agriculture, gîtes larvaires, pesticides), notre guide sur le mémoire sur l’économie de la canne à sucre et le développement durable insulaire offre des compléments utiles.
Éthique et accès aux données sensibles
Pour tout mémoire impliquant des données de santé individuelles ou des entretiens avec des patients, une déclaration auprès du comité d’éthique compétent est obligatoire. Le CHU de La Réunion dispose d’un comité de protection des personnes (CPP). Pour les questionnaires anonymisés auprès du grand public sur des questions de santé, une déclaration CNIL/RGPD suffit généralement.
Formulez vos objectifs de recherche avec précision avant d’entamer la collecte en suivant notre guide comment formuler les objectifs de recherche de son mémoire.
Plan-type pour un mémoire en santé tropicale sur les arboviroses
- Introduction : La réémergence des arboviroses à La Réunion (2024-2025) — contexte épidémiologique et enjeux de santé publique
- Partie 1 — Revue de littérature : Épidémiologie des arboviroses dans les îles de l’océan Indien ; rôle d’Aedes albopictus ; bilan de l’épidémie 2005-2006 et leçons apprises
- Partie 2 — Matériel et méthode : Sources de données, design de l’étude, outils de collecte, analyse statistique ou thématique
- Partie 3 — Résultats : Présentation des données épidémiologiques ou des résultats d’enquête
- Partie 4 — Discussion : Interprétation, limites, comparaisons avec d’autres terrains insulaires
- Conclusion et recommandations de santé publique
Pour structurer ce plan avec les conventions de votre master, consultez notre guide comment choisir et construire votre plan de mémoire.
Ressources de référence
- ARS La Réunion — surveillance épidémiologique des arboviroses, points de situation hebdomadaires
- UMR PIMIT — Processus Infectieux en Milieu Insulaire Tropical — publications et axes de recherche sur les arboviroses réunionnaises
- Rezza G. et al. (2007), « Infection with chikungunya virus in Italy: an outbreak in a temperate region », The Lancet — article de référence sur la mutation E1-A226V
- Santé publique France — Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) sur les arboviroses dans les DOM
- Fontenille D. & Rodhain F., travaux de référence sur Aedes albopictus et la transmission des arboviroses en zones tempérées et tropicales
FAQ — Mémoire santé tropicale arboviroses La Réunion
Quelle est la différence entre un mémoire de master en santé publique et un mémoire en médecine tropicale ?
Un mémoire de master en santé publique adopte généralement une approche épidémiologique ou de politique de santé, accessible sans formation médicale. Un mémoire en médecine tropicale (master spécialisé ou thèse d’exercice) implique une dimension clinique ou virologique plus marquée, souvent conduit au sein d’une structure hospitalière ou d’un laboratoire comme le PIMIT. Les deux peuvent traiter des arboviroses à La Réunion avec des angles différents.
Comment accéder aux données épidémiologiques sur les arboviroses à La Réunion ?
L’ARS La Réunion (lareunion.ars.sante.fr) publie des points épidémiologiques hebdomadaires et des bilans annuels en libre accès. Santé publique France publie des données de surveillance agrégées. Pour des données individuelles, un protocole de recherche validé par un comité d’éthique (CPP) est nécessaire pour accéder aux données du CHU de La Réunion.
Le PIMIT accepte-t-il des étudiants en master pour des stages de recherche ?
Oui. L’UMR PIMIT accueille des étudiants en master 2 dans ses équipes. Il convient de contacter directement les chercheurs via le site pimit.univ-reunion.fr en identifiant l’axe de recherche correspondant à votre sujet (arboviroses, leptospirose, virologie). Les stages de M2 constituent souvent le point de départ d’une thèse de doctorat.
Peut-on rédiger ce mémoire depuis la métropole sans aller à La Réunion ?
Oui, pour les sujets basés sur l’analyse de données épidémiologiques publiées (ARS OI, Santé publique France, publications PIMIT). Pour les sujets impliquant des entretiens ou des enquêtes de terrain auprès de professionnels de santé ou de populations réunionnaises, un déplacement ou un recours à des enquêteurs relais est nécessaire.
Rédigez votre mémoire en santé avec Tesify
Tesify vous aide à formaliser votre problématique, structurer votre revue de littérature et rédiger chaque section de votre mémoire en santé tropicale. Essayez gratuitement.



Leave a Reply