Mémoire sur l’économie de la canne à sucre et le développement durable insulaire à La Réunion (2026)
La canne à sucre est à La Réunion bien plus qu’une culture agricole : c’est une filière agro-industrielle intégrée qui articule agriculture, industrie sucrière, production de rhum et valorisation énergétique de la bagasse. Présente sur l’île depuis le XVIIe siècle, elle a structuré le paysage social, économique et environnemental de La Réunion pendant trois siècles. Rédiger un mémoire sur l’économie de la canne à sucre à La Réunion permet d’explorer les tensions contemporaines entre rentabilité d’une filière sous pression, transition vers le développement durable insulaire et dépendance aux soutiens publics.
La campagne sucrière 2024 a été, selon les données de l’Observatoire de l’Énergie de La Réunion (OER) et de la DAAF, la plus mauvaise de l’histoire moderne de la filière avec seulement 1 137 270 tonnes de canne récoltées, contre 1 436 227 tonnes en 2023 — conséquence des cyclones Belal et Candice et d’une période de sécheresse prolongée. En parallèle, la bagasse — le résidu fibreux de la canne valorisé par combustion en centrales thermiques — a représenté 5,7 % du mix électrique réunionnais en 2024, en baisse par rapport aux 6,5 % de 2023. Ces données illustrent la double fragilité de la filière : agricole face aux aléas climatiques, et énergétique face aux fluctuations de production.
La filière canne à La Réunion : état des lieux 2026
La filière canne-sucre-rhum-énergie de La Réunion repose sur trois piliers interconnectés. Le premier est la production sucrière : environ 3 300 planteurs cultivent la canne sur quelque 24 000 hectares, principalement dans les communes littorales et des mi-pentes, pour alimenter deux sucreries (Bois-Rouge à Saint-Benoît et Le Gol à Saint-Louis), gérées par Tereos. Le deuxième pilier est la production de rhum agricole, valorisée sur les marchés de niche et sous indication géographique (IG Rhum de La Réunion). Le troisième est la valorisation énergétique : la bagasse alimente des centrales thermiques mixtes bagasse-charbon qui produisent de l’électricité pour le réseau réunionnais, faisant de la canne la première source d’énergie renouvelable locale.
La filière bénéficie de soutiens publics importants : aides de l’État dans le cadre de la stratégie de diversification agricole des DOM, financements européens (FEADER, POSEI), et régulation des prix du sucre dans le cadre des mécanismes communautaires post-réforme OCM sucre (2017). Ce contexte institutionnel complexe est au cœur de nombreuses problématiques de recherche sur l’économie politique de la canne.
12 sujets et problématiques pour votre mémoire
Économie de la filière et durabilité
- Sujet 1 : La rentabilité de la filière canne à sucre réunionnaise après la réforme OCM de 2017 — entre aides publiques et compétitivité mondiale.
Problématique : Dans quelle mesure le modèle économique de la filière canne à sucre réunionnaise est-il soutenable à moyen terme en l’absence de soutiens publics différenciés pour les territoires ultramarins ? - Sujet 2 : La bagasse comme ressource énergétique renouvelable à La Réunion — contribution au mix électrique et enjeux de la transition énergétique insulaire.
Problématique : Comment la part de la bagasse dans le mix électrique réunionnais (5,7 % en 2024) évolue-t-elle en fonction des fluctuations de la production cannière, et quelles implications cela a-t-il pour la stratégie de transition énergétique de l’île à l’horizon 2030 ? - Sujet 3 : La diversification des planteurs de canne à La Réunion — entre maintien de la monoculture et transition vers d’autres cultures ou activités.
Problématique : Quels facteurs (économiques, culturels, fonciers, institutionnels) freinent ou favorisent la diversification agricole des exploitations cannières réunionnaises ? - Sujet 4 : Les effets des aléas climatiques (cyclones, sécheresse) sur la production sucrière réunionnaise — résilience de la filière face au changement climatique.
Problématique : Dans quelle mesure le changement climatique (intensification des cyclones, épisodes de sécheresse) constitue-t-il une menace systémique pour la filière canne-sucre-rhum-énergie de La Réunion ?
Travail, territoire et développement local
- Sujet 5 : L’emploi salarié dans la filière canne à La Réunion — entre saisonnalité, précarité et rôle dans la cohésion sociale des communes rurales.
Problématique : Comment les transformations structurelles de la filière canne (mécanisation, concentration industrielle) ont-elles modifié les conditions d’emploi et le tissu social des communes rurales réunionnaises ? - Sujet 6 : Canne à sucre et identité territoriale à La Réunion — la filière comme patrimoine culturel et économique des communes rurales (Saint-Louis, Le Tampon, Saint-André).
- Sujet 7 : L’agrotourisme et la filière canne à La Réunion — valorisation touristique des sucreries, distilleries et paysages canniers.
- Sujet 8 : La gouvernance de la filière canne à La Réunion — rôle du Syndicat du Sucre, de Tereos, de la DAAF et des organisations de planteurs dans la régulation économique.
Environnement et durabilité
- Sujet 9 : Les pratiques phytosanitaires dans les cultures cannières réunionnaises et leur impact sur les ressources en eau et les écosystèmes littoraux.
- Sujet 10 : La valorisation des sous-produits de la canne (vinasse, écumes, bagasse) dans une logique d’économie circulaire à La Réunion.
Problématique : Dans quelle mesure le modèle de valorisation des co-produits de la filière canne à La Réunion s’apparente-t-il à un modèle d’économie circulaire territoriale ? - Sujet 11 : Canne à sucre et séquestration du carbone à La Réunion — la culture cannière comme outil de la transition climatique ou source d’émissions nettes ?
- Sujet 12 : La filière canne face à l’urbanisation des terres agricoles réunionnaises — concurrences d’usage foncier et politiques de préservation.
Méthodologie et sources de données
Données institutionnelles disponibles
| Source | Données | Accès |
|---|---|---|
| DAAF Réunion | Fiches de filière annuelles, statistiques agricoles | daaf.reunion.agriculture.gouv.fr (libre) |
| Syndicat du Sucre de La Réunion | Production sucrière, recettes, données économiques filière | sucre.re (libre) |
| OER — Observatoire de l’Énergie de La Réunion | Part de la bagasse dans le mix électrique, production renouvelable | oer.energies-reunion.com (libre) |
| INSEE Réunion | Emploi agricole, valeur ajoutée filière, structure des exploitations | insee.fr/fr/statistiques (libre) |
Approches méthodologiques recommandées
Analyse documentaire et statistique : Pour les sujets sur la rentabilité, le mix énergétique ou les politiques publiques, une analyse des données DAAF, OER et Syndicat du Sucre sur 10 à 15 ans constitue une base solide. Des graphiques d’évolution de la production, des prix et des aides publiques permettent une narration empirique rigoureuse sans nécessiter de terrain.
Entretiens semi-directifs : Pour les sujets sur les acteurs (planteurs, agents DAAF, responsables Tereos, élus), 8 à 12 entretiens permettent de saisir les perceptions et les stratégies d’adaptation. Les planteurs sont accessibles via les organisations professionnelles (CGPER, FDSEA Réunion, Chambre d’agriculture de La Réunion).
Approche géographique et SIG : Pour les sujets sur l’usage foncier ou la répartition spatiale de la production, une cartographie des surfaces cannières à partir des données du Registre Parcellaire Graphique (RPG, disponible sur data.gouv.fr) offre une dimension visuelle et analytique forte. Notre guide sur le mémoire de master GAED avec SIG détaille ce type d’approche.
Pour construire votre protocole de A à Z, consultez notre guide comment choisir et construire votre plan de mémoire.
La filière canne dialogue avec d’autres dimensions de la durabilité insulaire réunionnaise : les enjeux sanitaires (leptospirose en contexte agricole, pesticides) traités dans notre guide sur le mémoire en santé tropicale à La Réunion, et les enjeux touristiques et agrotouristiques analysés dans notre article sur le mémoire sur le tourisme durable à La Réunion.
Plan-type pour un mémoire en économie de la canne à sucre
- Introduction : La filière canne à sucre de La Réunion — pilier agricole et énergétique en mutation
- Partie 1 — Cadre théorique : Théories du développement endogène insulaire, économie circulaire, dépendance aux ressources primaires (resource dependence theory)
- Partie 2 — Diagnostic de la filière : Analyse des données DAAF, Syndicat du Sucre et OER ; évolution sur 10-15 ans ; comparaison régionale (Maurice, Guadeloupe)
- Partie 3 — Terrain : Résultats d’entretiens ou d’enquête (planteurs, industriels, institutionnels)
- Partie 4 — Discussion et perspectives : Scénarios pour la filière à l’horizon 2030 ; recommandations de politique publique
- Conclusion
Pour formuler des objectifs de recherche précis et vérifiables, utilisez notre guide comment formuler les objectifs de recherche de son mémoire.
Ressources de référence
- Chane-Kune S., La Réunion n’est plus une île — analyse du développement économique réunionnais (référence en sciences économiques régionales)
- Revue Économie de La Réunion (INSEE) — numéros thématiques sur l’agriculture et la filière canne
- Travaux du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) sur la canne à sucre dans les DOM-COM
- Rapports annuels du Syndicat du Sucre de La Réunion (sucre.re)
- Fiches de filière annuelles de la DAAF Réunion (daaf.reunion.agriculture.gouv.fr)
FAQ — Mémoire économie canne à sucre La Réunion
Quelles disciplines sont adaptées à un mémoire sur l’économie de la canne à sucre à La Réunion ?
L’économie du développement, la géographie économique (GAED), la gestion agro-industrielle et les sciences de l’environnement sont les disciplines les plus adaptées. Des approches interdisciplinaires croisant économie, agronomie et sciences politiques sont valorisées pour les masters recherche de l’Université de La Réunion, de Bordeaux, d’Aix-Marseille ou d’AgroParisTech.
Quelles données économiques sont disponibles sur la filière canne à sucre réunionnaise ?
La DAAF de La Réunion publie des fiches filière annuelles. Le Syndicat du Sucre (sucre.re) publie des données de production et économiques. L’OER (oer.energies-reunion.com) documente la part de la bagasse dans le mix électrique. L’INSEE Réunion couvre l’emploi agricole et la valeur ajoutée de la filière. Ces sources sont toutes en accès libre.
La canne à sucre est-elle encore viable économiquement à La Réunion ?
La filière traverse une période difficile : la production 2024 (1,14 million de tonnes) a été la plus basse de l’histoire moderne de la filière, affectée par les cyclones et la sécheresse. La rentabilité des planteurs dépend fortement des soutiens publics. La valorisation de la bagasse en électricité et du rhum agricole en produit premium constituent les principaux leviers de diversification vers une filière plus durable.
Peut-on traiter à la fois la canne à sucre et la transition énergétique dans un même mémoire ?
Oui, c’est même l’un des angles les plus originaux. La bagasse représentait 5,7 % du mix électrique réunionnais en 2024, et La Réunion vise l’autonomie énergétique à l’horizon 2030. L’articulation entre production agricole de la canne et production d’électricité par combustion de la bagasse est un objet d’étude exemplaire des tensions entre développement agricole, transition énergétique et dépendance aux aléas climatiques.
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