Féminisation de l’Enseignement Supérieur en France 2026 : Données et Disparités
En 2026, les femmes représentent 56 % des effectifs de l’enseignement supérieur français — un chiffre global qui masque des réalités radicalement différentes selon la filière, le niveau d’études et la discipline. Si les femmes sont majoritaires à l’université (60 % des inscrits en licence, 60 % des diplômés de master), elles ne représentent que 30 % des effectifs en ingénierie et 40 % en classes préparatoires. La féminisation de l’enseignement supérieur en France progresse depuis vingt ans, mais reste marquée par des ségrégations disciplinaires héritées de stéréotypes de genre qui résistent aux politiques d’égalité.
1. Vue d’ensemble 2026
Les données du rapport “Vers l’égalité femmes-hommes — Chiffres clés 2026” du MESRI dressent un panorama contrasté de la parité dans l’enseignement supérieur français :
| Indicateur | Part des femmes 2026 | Évolution vs 2000 |
|---|---|---|
| Ensemble de l’enseignement supérieur | 56 % | +2 pts |
| Universités (toutes filières) | 60 % | +3 pts |
| Diplômées de master (universités) | 60 % | +5 pts |
| Écoles de commerce et gestion | 52 % | +10 pts |
| Classes préparatoires | 40 % | +5 pts |
| Diplômes d’ingénieur | 30 % | +8 pts |
| Sections techniques (IUT/BTS) | 46 % | +6 pts |
2. Part des femmes par filière
La répartition des femmes selon les filières révèle une bipolarisation marquée : hyper-féminisation dans les filières de soin et de social, hypo-féminisation dans les filières technologiques et scientifiques “dures”.
| Filière | Part des femmes | Caractéristique |
|---|---|---|
| Formations paramédicales et sociales | 84 % | Très fortement féminisé |
| Lettres, langues et arts (master) | 71 % | Féminisation historique |
| Sciences humaines et sociales | 65 % | Féminisation forte |
| Droit, économie, gestion | 58 % | Légèrement féminin |
| Médecine, pharmacie, odontologie | 58 % | Féminisation récente |
| Sciences (master) | 46 % | Parité presque atteinte |
| Classes préparatoires scientifiques | 40 % | Sous-représentation persistante |
| Diplômes d’ingénieur | 30 % | Forte sous-représentation |
Ces chiffres illustrent ce que les sociologues de l’éducation nomment la “ségrégation horizontale” des études supérieures : les hommes et les femmes ne se distribuent pas aléatoirement dans les filières mais suivent des logiques genrées héritées du secondaire.
3. Progression en ingénierie et sciences : un effort structurel
Le secteur de l’ingénierie reste le symbole des inégalités de genre dans l’enseignement supérieur, mais des progrès mesurables sont enregistrés sur vingt-cinq ans :
- 2000 : 22 % de femmes en formation d’ingénieurs
- 2010 : 25 %
- 2020 : 28 %
- 2026 : 30 %
Ce progrès de +8 points en 25 ans reste insuffisant face à l’objectif de 40 % fixé par le rapport du Sénat “XX=XY, féminiser les sciences” (2025). Les raisons de cette lenteur sont multiples :
- L’autocensure des jeunes filles dans les filières scientifiques dès le collège et le lycée, malgré de meilleurs résultats en moyenne en mathématiques.
- La persistance de représentations stéréotypées des métiers d’ingénieurs dans les médias et les familles.
- La faible visibilité des femmes modèles dans les directions des grandes entreprises industrielles et technologiques.
En sciences de la vie et de la santé en revanche, la parité est pratiquement atteinte et les femmes sont même majoritaires en médecine (58 %) depuis 2015.
4. Parité par niveau d’études : l’effet ciseau
Un phénomène caractéristique de la France est “l’effet ciseau” : les femmes sont de plus en plus nombreuses en licence et en master, mais leur part diminue au niveau doctoral et dans les carrières académiques.
| Niveau | Part des femmes |
|---|---|
| Licence (inscrits) | 60 % |
| Master (inscrits) | 60 % |
| Doctorat (inscrits) | 47 % |
| Maîtres de conférences (MCF) | 42 % |
| Professeurs des universités (PU) | 27 % |
| Présidentes d’université | 28 % |
La chute de 60 % (master) à 47 % (doctorat) puis à 27 % (professorat) révèle un plafond de verre académique particulièrement solide en France. Les femmes sortent majoritairement du système académique après le master pour s’orienter vers le secteur privé, tandis que les hommes poursuivent plus fréquemment en doctorat et en recherche.
5. Femmes dans les carrières académiques
Au-delà des effectifs étudiants, la question de la place des femmes dans les corps enseignants et de recherche est centrale pour l’attractivité du modèle académique français :
- Ingénieurs de recherche et de technologie : 43 % de femmes en 2026, en hausse de +5 pts depuis 2015.
- Chercheurs CNRS : 36 % de femmes, avec de fortes variations selon la section (de 22 % en mathématiques-physique à 58 % en sciences du vivant).
- Direction des laboratoires : 29 % de femmes à la tête des unités de recherche en 2026.
- Prix scientifiques nationaux : 18 % des lauréats des grandes distinctions académiques françaises sont des femmes.
Ces données illustrent que la féminisation des études supérieures n’a pas encore produit de parité dans les positions de pouvoir et d’excellence académique. Les politiques de “gender mainstreaming” dans la recherche, encouragées par l’Horizon Europe, commencent à porter leurs fruits mais les effets restent lents.
6. Écart salarial post-diplôme
La parité dans les effectifs étudiants ne se traduit pas par une parité salariale à l’entrée dans l’emploi. Les données InsérSup révèlent que même à diplôme, discipline et poste identiques, les femmes diplômées de master perçoivent en médiane 8 à 12 % de moins que leurs homologues masculins 30 mois après la diplomation.
Ces données s’inscrivent dans un contexte salarial plus large : selon l’INSEE, l’écart global de rémunération femmes-hommes en France s’établit à 16,8 % en 2025 (toutes causes confondues). La part “non expliquée” — c’est-à-dire celle qui n’est pas liée à la nature du poste, au temps de travail ou à l’ancienneté — est estimée à 5-7 %, témoignant d’une discrimination résiduelle persistante.
Pour approfondir l’analyse des salaires par discipline, consultez l’article dédié sur l’insertion professionnelle et les salaires des master 2026.
7. Politiques d’égalité et résultats mesurés
La France a mis en place plusieurs dispositifs pour renforcer la parité dans l’enseignement supérieur :
- Plan “Ma Thèse en 180 secondes” : Format de valorisation des doctorants qui favorise la visibilité des chercheuses.
- “Cordées de la réussite” et programmes MINT : Dispositifs de promotion des filières mathématiques, informatique, numérique et technologique auprès des lycéennes.
- Label EGALE : Label national d’égalité décerné aux établissements du supérieur ayant mis en place des politiques de parité formalisées. 78 établissements labellisés en 2026.
- Obligation de référent·e égalité : Depuis 2022, chaque établissement d’enseignement supérieur doit disposer d’un référent égalité femmes-hommes et publier un rapport annuel sur la situation comparée.
Ces politiques commencent à produire des effets mesurables (notamment la féminisation des classes prépa de +5 pts depuis 2015), mais les transformations culturelles profondes prennent du temps.
8. Méthodologie
Les données présentées dans cet article proviennent principalement du rapport annuel “Vers l’égalité femmes-hommes — Chiffres clés” publié par le MESRI (édition 2026), croisées avec les données InsérSup pour les aspects salariaux et les données du CNRS et de CPU (Conférence des Présidents d’Université) pour les carrières académiques. Les statistiques par filière sont issues du SIES.
Sources : MESRI | Observatoire des inégalités | INSEE — Femmes et hommes, l’égalité en question.
FAQ — Féminisation enseignement supérieur France 2026
Quelle est la part des femmes dans l’enseignement supérieur en France en 2026 ?
Les femmes représentent 56 % de l’ensemble des effectifs de l’enseignement supérieur français en 2026. À l’université, ce taux monte à 60 % aussi bien en licence qu’en master.
Dans quelles filières les femmes sont-elles les plus nombreuses ?
Les formations paramédicales et sociales comptent 84 % de femmes, suivies des masters de lettres, langues et arts (71 %) et des sciences humaines et sociales (65 %). À l’opposé, les formations d’ingénieurs (30 %) et les classes préparatoires scientifiques (40 %) restent très masculines.
La part des femmes en ingénierie progresse-t-elle en France ?
Oui, mais lentement. La part des femmes dans les formations d’ingénieurs est passée de 22 % en 2000 à 30 % en 2026, soit +8 points en 25 ans. L’objectif fixé par les politiques publiques est d’atteindre 40 % d’ici 2030.
Les femmes gagnent-elles autant que les hommes après un master ?
Non. À poste et discipline comparables, les femmes diplômées de master perçoivent 8 à 12 % de moins que leurs homologues masculins à 30 mois de la diplomation selon InsérSup. Cet écart reflète des discriminations persistantes à l’embauche et dans les premières promotions.
Y a-t-il un plafond de verre dans les carrières académiques ?
Oui. Alors que les femmes représentent 60 % des master, elles ne sont que 47 % des doctorants, 42 % des maîtres de conférences et seulement 27 % des professeurs des universités. Ce déclin progressif avec l’avancement dans la carrière académique est appelé “effet ciseau”.
Quelles politiques existent pour renforcer l’égalité dans le supérieur ?
Les principaux dispositifs incluent le Label EGALE (78 établissements labellisés en 2026), les programmes MINT pour les lycéennes, l’obligation de référent égalité dans chaque établissement depuis 2022, et des plans ministériels pluriannuels en faveur de la parité dans l’enseignement supérieur et la recherche.
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