Doctorants étrangers en France 2026 : ratio, origines et tendances démographiques
Avec 37 % de doctorants étrangers parmi ses inscrits en thèse, la France figure parmi les destinations doctorales les plus internationales au monde. En 2022-2023, les universités françaises comptaient 70 700 doctorants, dont 25 880 de nationalité étrangère. Ce ratio de doctorants étrangers France 2026 place la France bien au-dessus de la moyenne européenne (25 %), et illustre l’attractivité particulière de son système doctoral pour les chercheurs internationaux.
Ce phénomène n’est pas sans tensions : sur cinq ans, le nombre absolu de doctorants étrangers inscrits en France a baissé de 15 %, passant d’environ 24 000 à 20 000 (données SIES-MESRI). Une baisse paradoxale avec un pays qui cherche à renforcer son attractivité internationale. Voici l’analyse complète des données officielles.
Chiffres globaux : effectifs et ratio 2022-2023
En 2022-2023, la France accueillait 70 700 doctorants inscrits dans 295 écoles doctorales au sein de ses établissements d’enseignement supérieur. Parmi eux, 25 880 étaient de nationalité étrangère, représentant 37 % du total. Ce chiffre est stable sur la dernière période disponible, mais cache une tendance de fond préoccupante.
En 2024-2025, selon les données provisoires du SIES (Note Flash publiée en juillet 2025), le nombre total de doctorants est en léger recul à 69 432, avec une variation de -0,3 % par rapport à l’année précédente. Ce contexte de stabilisation succède à une décennie de baisse continue des effectifs doctoraux globaux, qui avaient culminé autour de 80 000 au début des années 2010.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Doctorants inscrits (2022-23) | 70 700 | SIES-MESRI |
| Dont étrangers | 25 880 | SIES-MESRI |
| Part des étrangers | 37 % | SIES-MESRI |
| Nouveaux inscrits 1ère année (2024) | 16 970 | SIES 2025 |
| Thèses soutenues (2024) | 14 727 | SIES 2025 |
| Total doctorants (2024-25) | 69 432 | SIES Note Flash 2025 |
Origines géographiques : les 10 premiers pays
La géographie des doctorants étrangers en France révèle une double polarité : une forte représentation des pays méditerranéens et du Proche-Orient d’un côté, et une présence significative des grandes économies émergentes (Chine, Inde) de l’autre. Les cinq premiers pays d’origine selon les données Campus France / SIES sont :
- Chine : 9 % des doctorants étrangers
- Liban : 8 % (forte tradition de mobilité académique vers la France)
- Italie : 8 % (proximité géographique, accord de cotutelle)
- Maroc : 6 % (liens historiques et linguistiques)
- Algérie : 6 % (liens historiques et linguistiques)
Au-delà de ce top 5, les pays d’Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Tunisie) représentent collectivement une part significative, et leur poids est croissant. L’Afrique est désormais la première zone de recrutement des étudiants internationaux en France toutes formations confondues, et le doctorat ne fait pas exception.
La présence étudiante des pays d’Europe centrale et orientale (Pologne, Roumanie, Hongrie) est notable en sciences exactes et en ingénierie, souvent dans le cadre de cotutelles ou de programmes Marie Curie.
Une attractivité en trompe-l’œil : la baisse sur 5 ans
Malgré un taux de 37 % apparemment flatteur, la tendance sur 5 ans est à la baisse en valeur absolue. Le nombre de doctorants étrangers inscrits en France est passé de près de 24 000 à environ 20 000 — une diminution de 15 % — sur la même période où le total de doctorants français baissait de 5 %. Les étrangers ont donc subi une sortie plus prononcée que les nationaux.
Plusieurs facteurs expliquent cette tendance :
- Concurrence internationale accrue : le Canada, l’Allemagne et le Royaume-Uni (malgré le Brexit) ont renforcé leurs offres d’accueil et leur attractivité salariale pour les doctorants étrangers.
- Conditions financières : jusqu’à la revalorisation LPR, les allocations doctorales françaises étaient nettement inférieures à celles des pays nordiques, des Pays-Bas ou de la Suisse.
- Politique Visa : les restrictions sur les visas étudiants et les incertitudes post-Covid ont découragé certains flux de mobilité.
- Baisse globale de la demande doctorale : dans plusieurs pays d’envoi, l’attractivité du doctorat recule face à la concurrence du secteur privé.
Comparaison européenne du taux d’internationalisation
Avec 37 % à 38 % de doctorants mobiles étrangers, la France se situe largement au-dessus de la moyenne UE de 25 %. Cette performance place la France dans le trio de tête européen pour l’internationalisation du doctorat, aux côtés du Royaume-Uni et de la Belgique.
À titre de comparaison, les grandes économies européennes affichent les taux suivants :
- Suisse : environ 55 % de doctorants étrangers (forte attractivité salariale)
- Pays-Bas : environ 45 %
- Royaume-Uni : environ 40-45 % (hors UE depuis Brexit)
- France : 37-38 %
- Allemagne : environ 25-30 %
- Moyenne UE : 25 %
Le classement confirme que la France est une destination doctorale internationale de premier plan, mais que des pays plus petits et plus riches (Suisse, Pays-Bas) la surpassent en attractivité relative.
Disciplines d’accueil des doctorants étrangers
Les doctorants étrangers en France ne se répartissent pas de façon uniforme dans toutes les disciplines. Les sciences exactes et l’ingénierie concentrent la majorité des mobilités entrantes, notamment parce que ces disciplines s’appuient fortement sur des financements contractuels qui permettent d’accueillir des profils internationaux.
En sciences humaines et sociales, la mobilité doctorale internationale est plus faible — mais non négligeable, notamment dans les disciplines comme la philosophie, l’histoire et la linguistique, où la tradition intellectuelle française exerce encore une forte attraction sur les chercheurs du monde francophone.
Les données par école doctorale disponibles sur la plateforme Open Data ESR du MESRI montrent que les grandes écoles doctorales pluridisciplinaires d’Île-de-France (Paris, Sorbonne, Paris-Saclay) concentrent la plus forte part de doctorants étrangers en valeur absolue.
Facteurs d’attractivité et freins identifiés
La France dispose d’atouts réels pour l’attractivité doctorale internationale : un réseau dense d’écoles doctorales (270 accréditées), des organismes de recherche de renommée mondiale (CNRS, Inserm, CEA, INRAE), des financements compétitifs (ANR, ERC) et une tradition d’excellence en mathématiques et physique.
Les principaux freins restent : la langue (le doctorat se déroule principalement en français, sauf mention cotutelle), les conditions salariales (meilleures depuis la LPR mais encore inférieures à l’Europe du Nord), la complexité administrative de l’accueil et du visa, et les perspectives de carrière après le doctorat en France (le marché académique est resserré et la reconnaissance du doctorat dans le secteur privé reste insuffisante).
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FAQ — Questions fréquentes sur les doctorants étrangers en France
Quel pourcentage de doctorants en France sont étrangers ?
En 2022-2023, 37 % des doctorants inscrits en France étaient de nationalité étrangère, soit environ 25 880 personnes sur 70 700 doctorants au total. Ce ratio place la France bien au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (25 %).
Quels sont les principaux pays d’origine des doctorants étrangers en France ?
Les cinq premiers pays d’origine sont la Chine (9 %), le Liban (8 %), l’Italie (8 %), le Maroc (6 %) et l’Algérie (6 %). Les pays d’Afrique subsaharienne francophone représentent collectivement une part importante et croissante.
Le nombre de doctorants étrangers en France est-il en hausse ou en baisse ?
En valeur absolue, le nombre de doctorants étrangers a baissé de 15 % sur 5 ans (d’environ 24 000 à 20 000), ce qui représente un recul plus fort que la baisse globale des effectifs doctoraux en France (-5 %). La part relative reste stable à 37 %, mais la tendance absolue est préoccupante.
Un doctorant étranger en France peut-il travailler pendant sa thèse ?
Oui. Un doctorant financé par un contrat doctoral (ou une convention CIFRE) est salarié de son établissement ou de son entreprise. Ce contrat de travail lui donne accès aux droits sociaux complets. Les doctorants étrangers hors UE doivent vérifier les conditions de leur titre de séjour, mais le statut de doctorant salarié facilite généralement l’obtention ou le renouvellement des visas.
Combien d’écoles doctorales accueillent des doctorants étrangers en France ?
La France compte 270 à 295 écoles doctorales accréditées par le MESRI (le chiffre varie légèrement selon les années en raison des regroupements et réaccréditations). Elles sont rattachées à 57 établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Les écoles doctorales d’Île-de-France concentrent la plus grande part des doctorants étrangers.




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